‹ Poésies de André Chénier étude sur la vie et les œuvres d'André ChénierChapitre 406 sur 424 · A BYZANCE · texte numérisé non relu

A BYZANCE

Byzance, mon berceau, jamais tes janissaires l)u musulman paisible ont-ils forcé le seuil 5

III. — « Pour prouver que l’harmonie n'avait jamais été rompue entre les deux Chénier, dit M. Labitte, on s’est plusieurs fois appuvé de cetle ode. Dans les éditions la pièce n’a que deux strophes, et ces deux strophes sont louangeuses. Les vœux exprimés par André étaient sincères , je n’en doute pas ; cependant il faut bien dire que, dans le manuscrit, la fin de l’ode tournait à l'ironie, à une ironie plutôt mélancolique que blessante. Les derniers vers ont été vus par plusieurs personnes de notre connaissance. «

ET ODES

Vont-ils jusqu’en son lit, nocturnes émissaires, Porter l’épouvante et le deuil ?

Son harem ne connaît, invisible retraite,

Le choix, ni les projets, ni le nom des visirs.

Là, sur du lendemain, il repose sa tète,

Sans craindre, au sein de ses plaisirs,

Que cent nouvelles lois qu’une nuit a fait naître, De juges assassins un tribunal pervers,

Lancent sur son réveil, avec le nom de traître,

La mort, la ruine ou les fers.

Tes mœurs et ton Coran sur ton sultan farouche Veillent, le glaive nu, s’il croyait tout pouvoir, S'il osait tout braver, et dérober sa bouche Au frein de l’antique devoir.

Voilà donc une digue où la toute-puissance Voit briser le torrent de ses vastes progrès ! Liberté qui nous fuis, tu ne fuis point Byzance; Tu planes sur ses minarets !

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