STROPHE I
O mon esprit! au sein des deux,
Loin de tes noirs chagrins, une ardente allégresse Te transporte au banquet des dieux ,
Lorsque ta haine vengeresse,
Rallumée à l'aspect et du meurtre et du sang, 5
Ouvre de ton carquois l’inépuisable flanc.
De là vole aux méchants ta flèche redoutée,
D’un fiel vertueux humectée,
Qu’au défaut de la foudre, esclave du plus fort.
Sur tous ces pontifes du crime, to
Par qui la France, aveugle et stupide victime,
Palpite et se débat contre une longue mort,
Lance ta fureur magnanime.
A XTI STROPHE I
Tu crois, d’un éternel flambeau Eclairant les forfaits d’une horde ennemie, is
Défendre à la nuit du tombeau D’ensevelir leur infamie ;
Déjà tu penses voir, des bouts de l’univers,
Sur la foi de ma lyre, au nom de ces pervers,
Frémir l’horreur publique, et d’honneur et de gloire 20 Fleurir ma tombe et ta mémoire ;
Y. — V. 3. Horace, Ode s, IV, VIII, a dit de la mort par une image temldnlde : Dignum lande tirum Musa vrtat mort :
«'.trio Muu beat. Sic Joti* Intrrr«î Oplnti* cpull* Implgrr Hercules.
ET ODES
Comme autrefois tes Crées accouraient à des jeux,
Quand l’amoureux fleuve d'Élide Eut de traîtres punis vu triompher Alcide ;
Ou quand l'arc pythien d’un reptile fougueux 25
Eut purgé les champs de Phocide.
KPODF. I
Vain espoir! inutile soin!
Ramper est des humains l’ambition commune;
C’est leur plaisir, c’est leur besoin.
Voir fatigue leurs yeux, juger les importune ; 30
Ils laissent juger la Fortune,
Qui fait juste celui qu’elle fait tout-puissant.
Ce n’est point la vertu, c’est la seule victoire Qui donne et l’honneur et la gloire, feint du sang des vaincus, tout glaive est innocent. 35