‹ Poésies de André Chénier étude sur la vie et les œuvres d'André ChénierChapitre 409 sur 424 · justice et le droit sont de vaines idées · texte numérisé non relu

justice et le droit sont de vaines idées

Dans son Dictionnaire philosophique , art. Théodose , Voltaire s’écrie : « Malheur aux vaincus; bénis soient les victorieux! voilà la devise du genre humain. »

V. 50. « Sceptre immense , » puissant, comme immensus en latin.

ET ODES

Il nous faut tous mourir. A sa vie ajoutées,

Au prix du déshonneur, quelques heures de plus go

Lui sembleraient trop achetées.

F.PODK II

Lui, grands dieux! courtisan menteur,

De sa raison céleste abandonner le faite,

Pour descendre à votre hauteur !

En lui-même affermi, comme l’antique athlète, gs

Sur le sol où son pied s’arrête,

11 reste inébranlable à tout effort mortel,

Et laisse avec dédain ce vulgaire imbécile,

Toujours turbulent et servile,

Elotterde maître en maître et d’autel en autel.

Un vulgaire assassin va chercher les ténèbres :

Il nie, il jure sur l’autel;

Mais nous, grands, libres, fiers, à nos exploits funèbres,

V. 65. Voici cette belle comparaison de l'athlète dans Régnier, Sat. I :

Il se faut rrcoonoistre, il sc faut esviyer.

Se sonder, s'exercer, avant que s'employer ;

Comme fait un lutteur entrant dedans l'arène,

Qui. se tordant 1rs bras, tout en soy se démène.

S'a lion je, s'accourcit, ses muscles étendant,

FJ, ferme sur te» pieds, s’exerce en attendant.

V. 67. « Effort mortel , » d’un mortel; comme dans ce vers de Virgile, Enéide, XII, 797 :

Mortalin' decolt viol a ri vulncre dirum ?

V[. — Ces vers ne sc trouvent que dans l'édition 1839; c’est M. Sainte-Beuve qui les a fait connaître, d'après le manuscrit, en substituant habilement plusieurs mots français aux mots grecs du manuscrit.

HYMNES

A nos turpitudes célèbres,

Nous voulons attacher un éclat immortel. 5

De l'oubli taciturne et de son onde noire Nous savons détourner le cours.

Nous appelons sur nous l’éternelle mémoire ;

Nos forfaits, notre unique histoire,

Parent de nos cités les brillants carrefours. 10

O gardes de Louis, sous les voûtes royales Par nos ménades déchirés,

Vos tètes sur un fer ont, pour nos bacchanales,

Orné nos portes triomphales

Kl ces bronzes hideux, nos monuments sacrés. 15

Tout ce peuple hébété que nul remords ne touche,

Cruel même dans son repos,

Vient sourire aux succès de sa rage farouche,

Et, la soif encore à la bouche,

Ruminer tout le sang dont il a bu les flots. 20

Arts dignes de nos yeux! pompe et magnificence Dignes de notre liberté,

Page 1