‹ Poésies de André Chénier étude sur la vie et les œuvres d'André ChénierChapitre 68 sur 424 · V. 147. Éd · texte numérisé non relu

V. 147. Éd

II retourne à place ; et bientôt l'indigent.

O M. Ronsard, fitudes antique %.

S’est assis. Sur ses mains, de l’aiguière d’argent,

Par une jeune esclave une eau pure est versée.

Une table de cèdre, où l’éponge est passée, iso

S’approche, et vient offrir à son avide main Et les fumantes chairs sur le disque d’airain,

Et l’amphore vineuse, et la coupe aux deux anses.

« Mange et bois, dit Lycus ; oublions les souffrances ;

Ami, leur lendemain est, dit-on, un beau jour. » iss

Bientôt Lycus se lève et fait emplir sa coup',

V. 148. Toutes les éditions donnent « dans t’ aiguière d'argent. » Cette leçon évidemment fausse provient sans doute d’une mauvaise lecture des manuscrite. C’est l»ien dune aiguière que la jeune esclave verse de l’eau sur les mains du mendiant, au-dessus d’un bassin. Il est facile de le voir dans le passage suivant d’Homère (OJfSsèe, |, 130), dont les vers d'André sont une imitation :

Xcpviêa 8* àpçt7coXo; npoyota irdy tvt çcpouaa. xaXrj, xpvatÛQ, facèp àpY^P*010 Xifityto;, vèj/aaûau* rcapà 8è Çearfjv iTstvvaor* TpdntÇav.

SItov 8’ aiôotTj Tapir, ttapéOrixe çcpouaa, etoaxa itôXV yapt^opÉvr, itapeôvxcov

Saixpé; 8è xpeiûv ni v axa; 7tapé(bjxev àeipa; navxottov, rcapâ 8é açi xtOct ypOjcia xvireXJ.a.

Cf. Odyssée , IV, 52; VU, 172 ; XV, 135 ; Virgile, Énéide, I, 701.

V. 150. On se servait de l’éponge pour essuyer les tables ( Odyssée , I, 111), et pour se laver et s’essuyer le visage (Iliade, XVIII, 414).

V. 152. « Le disque d airain , » exact. Iliade, XI, 030 : ^âXxeiov xaveov. Tous les éditeurs, moins Fayolle, ont rois les disques d airain. On n’apporte au mendiant qu’un plat, qu’une amphore et qu’une coupe.

V. 153. « Vineuse , » qui exhale une odeur de vin. C'est ainsi que Marot, Ballades, cry du jeu de l’empire d Orléans , a dit î

Laisarz à part rot i trieuses taverne*.

La coupe à deux anses s'appelait chez les Grecs xvXiÇ, et chez les Romains calis: voy. Macrobe, V, XXI. On se servait de cette coupe dans les repas ( Odyssée , XXII, 10), et aussi pour faire des libations aux dieux (Sophocle, OEd. à Colone , 480).

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