‹ Poésies de André Chénier étude sur la vie et les œuvres d'André ChénierChapitre 77 sur 424 · V. 291. Odyssée, XIV · texte numérisé non relu

V. 291. Odyssée, XIV

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En quels lieux était-il ? où portait-il ses pas ?

11 sait où vit Lycus; pourquoi ne vient-il pas ? 29ô

Parle : était-ce bien lui? parle, parle, te dis-je;

Où l’as-tu vu? — Mon hôte, à regret je t’afflige.

C’était lui, je l’ai vu. . '

Les douleurs de son âme

Avaient changé ses traits. Ses deux fils et sa femme, 3oo A Delphes, confiés au ministre du dieu,

Vivaient de quelques dons offerts dans le saint lieu.

Par des sentiers secrets fuyant l’aspect des villes,

On les avait suivis jusques aux Thermopyles.

Il en gardait encore un douloureux effroi. 305

Je le connais; je fus son ami comme toi.

D’un même sort jaloux une même injustice Nous a tous deux plongés au même précipice, il me donna jadis (ce bien seul m’est resté)

Sa marque d’alliance et d’hospitalité. 3io

V. 302. La cause de la fuite de Cléotas pouvait être l'accusation d'un meurtre. l.es meurtriers allaient chercher un asile à Delphes, comme Oreste, dans Eschyle, Cluse ph . 1021. Chargé d'une telle accusation, ou trouvait un refuge chez un peuple voisiu , comme ü est dit dans un passage d'Hésiode, Seul. 12 , qui a quelque rapport avec celui-ci. Quant aux dons offerts , ce u'était pas seulement un effet de la honte des habitants, mais encore un devoir religieux (Hésiode, Seul. 85).

V. 310. Allusion à l’usage qui caractérise le mieux l’hospitalité chez les anciens et qui est parfaitement décrit dans Euripide, Médée% 610 :

*AXX’ tf xi ftauXet nouoiv tj sauTt; çvyïiç iipoawçeXr^a )rprt{xcrTtov èpwv Xafclv,

>éy* * «; ÊToipo; àpOôvip £oûvat ^tpi,

(evote Te TréjAtcew £*jp.6o>’ ot Spàaovaî a ti.

ZOpéoXov était le terme général, comme en latin symbofum ; ou bien encore <rr(p*, et en latin signum; voy. le Schol. d’Euripide. Les signes , sur lesquels on pouvait écrire, consistaient en tablettes pliées, comme dans Homère, Iliade, VI, 160, ou bien eu petites lames d’argile, fessera ;\ oy. Plaute, Bacch. II, m, 29; Para, V, i, 25, et V, il, 87. Souvent, ou se contentait de partager un osselet, dont chacun devait garder une moitié (Schol, Eurip.) — 1* signe de reconnaissance dont parle Chénier,

Vois si tu la connais. » I)e surprise immobile,

Lycus a reconnu son propre sceau d’argile ,

Ce sceau, don mutuel d’immortelle amitié,

Jadis à Cléotas par lui-même envoyé.

Il ouvre un œil avide, et longtemps envisage 315

L’étranger. Puis enfin sa voix trouve un passage :

« Est-ce toi, Cléotas, toi, qu’ainsi je revoi ?

Tout ici t’appartient. O mon père ! est-ce toi ?

Je rougis que mes yeux aient pu te méconnaître.

Cléotas, à mon père ! ô toi qui fus mon maître, 320

Viens ; je n’ai fait ici que garder ton trésor,

Et ton ancien Lycus veut te servir encor.

J’ai honte à ma fortune en regardant la tienne. »

Et dépouillant soudain la pourpre tyrienne

Que tient sur son épaule une agrafe d’argent, 325

Il l’attache lui-même à l’auguste indigent.

le sceau, est ce que les Grecs appelaient açpayt;; ce mot s’employait souvent comme terme général synonyme de <7Û|i6oXov, voy. Aristophane, Av. 1213 ; quelquefois il désignait une empreinte, une marque de famille imprimée sur le corps, comme dans Sophocle, Électre , 1232. — Dans le cachet qu’on mettait au doigt, il désignait la pierre sur laquelle on gravait tantôt des caractères, tantôt de petits tableaux. Voy. une épigramme de Polémou, Anth . Grot. IV, xvill, V. Quelquefois le signe dont on se servait était seulement l’empreinte du cachet; voy. Sophocle, Trach . 023.

V. 311. Nous avons préféré la leçon de Fayolle. La correction de M. de Latouche n’est pas dans le style d'André.

Vois si tu te connais. » O surprise! Immobile.

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