V. — Properce, II, xxvi
Vidi te ln soumis frac ta , mca vita, carlna Ionio lassas ducere rore manus ,
Et qaccumque in me tueras mrntita fater! ,
Nec Jam h u more graves toile rr posse comas ;
Qualrro purpureis agltatam fluctibus Hellen ,
Aurea quam molli trrgore vriit ovin.
Quam tlmut, ne forte tuum mare nomen haberet ,
Atque tua iabens navita llerct aqua !
Quae tum ego Neptuno , quar tum cum Castore fratri .
Qurquc tibi excepi tum , dea Leucothoe !
At tu , rlx primas cxtollens gurgtte palmas ,
Sape meum nomen Jam péri tu ra rocas.
Quod si forte tuos vidissrt Glaucus ocelloa ,
Esses Ionil facta purlla maris ,
Et tibi ob invidiam Nereidet increpltarent Candida Newee, crrula Cyinothoe.
Scd tibi subsidiu delphinum eurrrre vldl ,
Qui, puto, Arionlam vexerai ante lyram.
V. 10. Hellé et Phrixus étaient enfants d'Athamas et de Néphélé; lno, seconde femme d’Athamas, prit en haine les enfants de Néphélé, fit en secret empoisonner les
Oh! que j’ai craint de voir à cette mer, un jour,
Tiphys donner ton nom et plaindre mon amour!
Que j’adressai de vœux aux dieux de l’onde amère !
Que de vœux à Neptune, à Castor, à son frère !
Glaucus ne te vit point ; car sans doute avec lui, 15
Déesse au sein des mers tu vivrais aujourd’hui.
Déjà tu n’élevais que des mains défaillantes ;
Tu me nommais déjà de tes lèvres mourantes,
Quand, pour te secourir, j’ai vu fendre les flots Au dauphin qui sauva le chanteur de Lesbos. 20
blés, puis fit consulter l’oracle, qui répondit que, pour apaiser les dieux, il fallait sacrifier Hellé et Phrixus. Ils étaient déjà à l’autel quand Néphélé leur envoya un bélier doré, sur le dos duquel ils se placèrent et traversèrent les mers. Durant le trajet, Hellé tomba dans la mer qu'on appela depuis l’Hdlesponl. Voy. Apolludore, I. ix ; Val. Flaecus, Arg. I, 278.
V. 1 2. « Tiphys , » le pilote du navire Argo; voy. Apollonius, Arg. 1, 105. CVstau figuré qu’André emploie ce nom pour un pilote , un navigateur . Mais un nom propre que ne précède aucun déterminant ne désigne que l’individu qui porte ce nom ; il faut toujours qu'un mot , article ou pronom , indique que ce nom n'est employé que par comparaison. Malherbe, p. 257, est correct en disant :
Mon Apollon t'aMtire et t'engage m foi Qu'employant ce Tiphys , Syrtes et Cjnnée*
Seront havre» pour toi.
C’est une faute qu’André a commise plusieurs fois.
V. 15. » Glaucus , » un des dieux de la mer, qui aima la blanche Galalée ; voy. Oxide, Met. XIII, 917 ; Claudien, Rapt de Proserpine, III, 12/ Athénée, VII, p. 295.
V. 17-18. Eu imitant Properce, il se souvient de Valérius Flaccus, Arg. I, 291 , qui a chanté la chute d’Hellé :
Qui» tibi , Phrixe, dolor, rapide qunm concitut *"»lu Rrspleere* mDcr* rbmantia Virginia ora . •
Extremasque manu», *par*mque per equora crineul
V. 20. « Le chanteur de Lesbos. »* Arion, quittant la cour de Périandre, s’embarqua pour retournera Met hymne , sa patrie, sur un navire dont les matelots, convoitant ses trésors, voulurent attenter à ses jours. Il demanda à jouer une dernière fois de la lyre; un dauphin accourut à ses accents; Arion se précipita dans les flots et put gagner le rivage, porté par le dauphin charmé; voy. Lucien, Dial. mar. VIII ; Hérodote, Clio, XXIV , et Vepig. d’Onesta, Anal. II, p. 290, VI.
AMYMONE
Salut, belle Amymone ; et salut, onde amère A qui je dois la belle à mes regards si chère.
Assise dans sa barque, elle franchit les mers.
Son écharpe à longs plis serpente dans les airs.
Ainsi l’on vit Thétis flottant vers le Pénée, s
Conduite à son époux par le blond Hyménée,
Fendre la plaine humide, et, se tenant au frein,
Presser le dos glissant d’un agile dauphin.
Si tu fusses tombée en ces gouffres liquides,
La troupeaux cheveux noirs des fraîches Néréides 10 A ton aspect sans doute aurait eu de l’effroi,
Mais pour te secourir n’eût point volé vers toi.
Pi •ès d’elle descendue, à leurs yeux exposée,
Opis et Cymodoce et la blanche Nésée