‹ Poésies de BenseradeChapitre 35 sur 48 · CHANSON · texte numérisé non relu

CHANSON

S'il faut que chacun ait le sien, Beauté qui me tenez mon bien, Souffrez que je vous le demande ; C'est trop de fois me refuser, Cloris, la somme n'est pas grande, Je ne veux de vous qu'un baiser, Non, je ne veux présentement Qu'un baiser pris discrètement.

Paroles pour un air.

NON, je ne prétens pas, dédaigneuse Silvie, Que vous favorisiez mon amoureux transport. Seulement en m'ôtant la vie , Confessez que c'est vous qui me donnez la mort;

^4 STANCES, SONNETS, EPICRAMMES.

C'est le moindre devoir où la pitié convie ; Votre esprit, qui se plaît à m'outrager si fort,

Peut bien dire en m'ôtant la vie :

C'est ma seule rigueur qui te donne la mort.

Autres.

J'aVoIs brisé mes fers, et juré hautement Que l'ingrate Philis ne feroit plus ma peine, Mais en la revoyant, j'ay renoué ma chaîne, Et rompu mon serment.

Aussi, ce fut un jeu que mon ressentiment, Philis a sur mes sens conservé sa victoire. Et je n'avois juré que pour avoir la gloire De rompre mon serment.

Autres.

JE rougis, je pâlis, je soupire où vous êtes; Sans que vous connoissiez mon amoureux transport; Beaux yeux, beaux innocens, votis me donnez la mort. Et ne sçavez ce que vous faites.

Bien que mon cœur brûlé, de ces fiâmes discrètes, N'espère aucun secours à son tragique sort; Beaux yeux, beaux innocens, je bénirois ma mort , Si vous sçaviez ce que vous faites.

Pour une Fille qu'il appelloit son bien. ÉPIGRAMME.

PARMY tant de trésors dont la terre est féconde, Mon esprit dédaigneux ne désire plus rien ; J'ay dequoy m'estimer le plus riche du monde. Si le Ciel me permet de jouïr de mon bien.

L'Ambassadeur de Suède à la Reine de Natolie. SALUT.

REINE du plus doux des climats, L'Ambassadeur vers les frimats Recevra, devant qu'il s'éloigne , Vos ordres pour Suède et Pologne; Et prendra congé du fauxbourg Devant qu'il passe par Hambourg, Puisque chez vous on se dispose A le charger de quelque chose.

Son équipage, et ses mulets, Sont déjà partis pour Calais, Où doit l'attendre son navire; Et dés l'heure qu'on entend dire :

C'est le train de l'ambassadeur.

Partout se fait grande rumeur ; Les gens courent à la fenêtre :

Mais quand il ne vient à paroître , Qu'un peigne dedans un chausson,

STANCES, SONNETS, éPIGRAMMES. 67

Ils pestent d'étrange façon; Et disent, voyant ce cortège:

Foin de l'ambassadeur de neige, Il nous a bien attrapez là.

Que pourroit-on faire à cela?

Pauvreté, dit-on, n*est pas vice; Dieu sçait, si c'est par avarice Que je marche à si peu do frais , Et fais de si légers apprêts :

Comme je vois qu'on ne me prête, Pour mes bardes, nulle charette, Est-ce pas bien fait d'en charger Un des chevaux du messager.

Qui gémit sous ce poids^extrême , Et m'a pensé porter moi-même, N'étoit qu'il est rude au galop.

Et que j'ai crû que c'étoit trop D'être ambassadeur grave et sage Tout-ensemble, et coq de bagage.

Pourtant, si vous voulez qu'enfin Je porte jusqu'à my chemin Ce que vous n'envoyez qu'à peine Au gros mary de vôtre reine , J'en viendrai bravement à bout :

Et je me chargerai de tout, Sans qu'il me soit fait nul reproche, Pourvu que tout puisse en ma poche :

Car Bias, portant tout sur soi, N'étoit pas plus Bias que moi.

J'ai linge, ustancille, dépêche , J'ai mainte nipe qui m'empêche; Tous mes habits sont sur ma peau, Bref, je suis mon porte-manteau.

ÉPIGRAMMES

UN pauvre homme apperçutdans sa chambre la nuit, Un voleur qui croyoit trouver là quelque somme : Il fit un si grand cri, que le voleur s'enfuit Et laissa son manteau qui servit au pauvre homme.

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Embrassant ses petits^ le singe s'en défait, Par une tendresse maudite.

A force d'applaudir soi-même à ce qu'on fait , L'on en étouffe le mérite.

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6o STANCES, SONNETS, ÉPIGRAMMES.

Pour les Filles de la Keine.

STANCES

BELLES, dont les regards vont dépeupler l'État, Apres l'avoir mis dans les chaînes, Qui servez nôtre Reine avecque tant d'éclat. Et que l'on sert toutes en Reines;

Je suis bien glorieux que vous comptiez mes pas, Pour mieux prendre garde à mes chûtes,

Et qu'entre vous, mon cœur augmente vos débats, Et fasse une de vos disputes.

L'une, assure que j'ai de l'inclination,

Et l'autre de l'indifférence; Ainsi l'une me plaît de sa présomption,

Et l'autre de sa deffiance.

Je suis prêt pour vous plaire, à confirmer ces bruits Oùy, j'ai des passions secrètes;

Vous ne m'ôteriez pas de la peine où je suis, Comme moi de celle où vous êtes.

STANCES, SONNETS, ÉPIGRAMMES. 6l

J'aime, et je porte un cœur sensible à tous les coups Des beaux objets que je contemple ;

Et puis je ne vois rien, qui s'aprochant de vous, Ne m'en favorise l'exemple.

Je n'entends que sanglots, pour vôtre cruauté

Qui refuse la moindre œillade , Et parmi tant de maux, j'aurois trop de santé ,

Si je n'étois un peu malade.

Bien mieux que l'intérêt, vos charmes à la cour

Attirent la foule importune ; Et dans le cabinet, on tient plus à l'amour,

Qu'on ne s'attache à la fortune.

On s'y plaint tout le jour, on s'y plaint tout le soir,

On y languit, on y frissonne; Et chacun s'y réchauffe à l'entour d'un espoir

Qui ne réussit à personne.

Parmi tant de soupirs, si brûlans et si doux , Et dont vous tenez peu de compte ,

On sçait bien, qu'un soupir qui ne va point à vous, Doit en chemin mourir de honte.

Mais aussi les mieux faits, et les meilleurs esprits, Vous ont présenté leurs franchises;

Et moi qui les connois, de qui serois-je pris. Puisque vous êtes toutes prises?

Ce n'est pas qu'entre nous, sans un peu de rigueur,

Ma raison ne se pût abattre, Et si je m'en croyois, dans le fond de mon cœur,

Je me ferois tenir à quatre.

Je vois du blond, du brun, qui pourroit m'attacher,

De la douceur, de l'innocence, Du jeune, du brillant; et même à bien chercher

J'y trouverois de la prudence.

Mais j'ai trop à choisir, et je crains l'embarras Qu'aux amans vôtre joug prépare :

Quand vous gagez que j'aime, et que je n'aime pas, Vous voulez que je me déclare.

Je mettrai, s'il vous plaît, mes vœux en autre lieu ,

Et jure à vos beautez parfaites De prendre la soutane, et rendre grâce à Dieu

Pour les grâces qu'il vous a faites.

Le monde trop long-temps tint mon cœur en dépôt,.

Je fuis ces dangereuses routes; Et j'espère d'avoir les Ordres assez-tôt ^

Pour vous pouvoir marier toutes.

ÉPIGRAMMES

UN fat trouve un trésor, et fier de sa richesse, Dédaignant de porter luy même ce tas d'or,. Il en chargea quelqu'un, qui partit de vitesse Et ne dédaigna pas d'emporter ce trésor.

Un de ces médecins qui font tant de visites. Au malade gisant disoit toujours : Tant mieux. Et le malade fait à ce style ennuyeux , Disoit: Mes héritiers pensent comme vous dites.

A Madame de Hautcfort.

STANCES

D'où naît sur vôtre teint cette fraîcheur nouvelle, Qui VOUS fait éclater, mieux que vous n'éclatiez? Je vous trouve plus grasse, et vous trouve plus belle Encor que vous n'étiez.

Vous avez éprouvé le tracas et la peine; Maintenant vous goûtez un repos assez doux; C'en est là le sujet, vous étiez chez la reine, Et vous êtes chez vous.

Vôtre vie est changée, et vous en menez une A qui dans la bassesse, un beau loisir est joint; Si le soin de la cour profite à la fortune , Il nuit à l'embonpoint.

Vous obligiez les gens d'une ardeur sans seconde , Et, dans l'empressement dont vous parliez pour eux , Vous travailliez, ce semble, à faire que le monde N'eût plus de malheureux.

C'étoit vôtre plus chère et plus noble avanture De remplir les besoins, et combler les souhaits; Si ce malheur est noble, il est d'une nature A ne finir jamais.

Au lieu que vous n'avez, au séjour où vous êtes. Ni troubles dans l'esprit, ni fatigues au corps; Vos méditations y sont libres et iiettes De crainte et de remords.

On vous a renvoyée à vôtre solitude , Comme on fit dans le tems du dernier de nos rois; Et ce coup de malheur vous semble aussi peu rude Que la première fois.

Sans doute la Fortune, à tout autre invincible , Ayant différemment vôtre esprit éprouvé , A cherché quelque endroit où vous fussiez sensible , Et n'en a point trouvé.

Sa rigueur n'a rien pu, non plus que son arnorce ; Quelque bieji, quelque mal, qu'elle ait pu vous offrir Toujours également, et de la même force, Vous l'avez pu souffrir.

Vôtre àme qui n'est pas de la trempe commune. Et dont les mouvemens sont sublimes et droits. Fait aussi peu de cas du vent de la Fortune Que des soupirs des rois.

L'endroit le plus sensible, où la douleur vous presse. Et qui peut ébranler un courage constant,. Est de n'être plus bien auprès d'une maîtresse, Qui vous chérissoit tant.

Que ne peut contre vous dire la Renommée? La reine a toujours eu des sentimens si doux, Elle a tant de bonté, vous a tant estimée; Et ne veut plus de vous.

Son procédé n'a rien que de saint, que d'auguste; Un sujet sans raison n'en est pas assailly ; Les rois n'ont jamais tort, et leur colère est juste. Quoiqu'on n'ait pas failly.

Encore que sur vous sa main s'appesantisse. Portez avec respect ses vénérables coups, Et demeurez d'accord qu'elle a de la justice. Puisqu'elle a du courroux.

Il faut tout espérer de sa bonté suprême, Sinon vivre en repos loin de cette bonté, Et vous bâtir un port dessus le rocher même Où vous avez heurté.

De là quand vous verrez, après vôtre naufrage, Toucher à cent écueils, cent vaisseaux égarez, Vous en aimerez mieux, à cause de l'orage, L'endroit oîi vous serez.

Ce grand éclat n'est pas ce que le peuple pense; La cour a des dégoûts, et traîne un repentir; Jusques là, que beaucoup ont quitté la puissance Qui vous en fait sortir.

Ainsi VOUS passerez des jours très-agréables Dans un calme profond, et si délicieux, Que même vôtre exil parmy les raisonnables, Fera des envieux.

Comme il faut bien user de l'âge qui s'écoule, Et ménager le tems qui ne peut revenir. Dieu de sa propre main vous tire de la foule Pour vous entretenir.

C'est ce commerce étroit, qui fait durer vos charmes, Et les rend plus brillans, au plus fort du malheur, Qui pique votre esprit, et luy fournit des armes A vaincre sa douleur.

Et c'est là d'où vous vient cette fraîcheur nouvelle, Qui vous fait éclater mieux que vous n'éclatiez, Qui rend vos yeux plus vifs, et qui vous rend plus belle Encor plus que vous n'étiez.

A Iris.

SONNET

Vous moquez-vous, Iris, d'abandonner le monde? Dieu le veut, dites-vous, et conduit-là vos pas. "y

Vous plaît-il, qu'en deux mots à cela je réponde? Et moi , je vous soutiens que Dieu ne le veut pas.

Il veut qu'un bel ouvrage éclatant icy-bas. Marque de l'ouvrier l'adresse sans seconde; Il veut que sa grandeur brille dans vos appas, Comme dans le soleil, le ciel, la terre, et l'onde.

Vous croyez que du monde on ne va guère à Dieu, Je suis persuadé qu'on se sauve en ce lieu ; Et mon raisonnement ne cède point au vôtre.

Je vous prouve une chose, et vous me la niez :

Il faut que l'un des deux l'emporte enfin sur l'autre.

Et que je vous retienne, ou que vous m'entraîniez.

Autre à Iris.

JE garde auprès de vous un silence ennuïeux ; Vous me voyez languir sombre et mélancolique,. Inhumaine, du moins laissez parler mes yeux, Si vous ne voulez pas que ma bouche s'explique.

Je vous trouvai trop-belle, et je quittai ces lieux Afin de me soustraire au charme qui me pique; Hélas! pour mon repos je vous trouve encor mieux; Ma blessure se rouvre, et ma flàrae est publique.

En vain je dissimule, et déjà de ce feu,

Quelque couvert qu'il soit, la clarté brille un peu;

Mais sur vôtre pitié tout mon espoir se fonde.

Iris, je m'abandonne entièrement à vous, - Mon cœur est dans les mains les plus belles du monde. Je voy dans vos regards par delà leur coiurioux.

SONNET

ALORS la Muse fatiguée Me dit, c'en est trop, finissons Je pars, et ma faveur briguée M'appelle à d'autres nourrissons.

Chacune fera des façons, Pour se voir icy distinguée, Et prétendra dans vos chansons Estre en bonne part alléguée.

Mille et mille, quelle pitié I Vont s'attribuer la moitié D'un ouvrage tel que le vôtre,

Qui cependant, faute d'appas, Vont prendre une moitié pour l'autre, Et ne s'en apercevront pas.

Sur une Coquette.

SONNET

VNE foule d'amans, que chez vous on tolère. De VOS facilitez cherche à s'avantager; La patience même en seroit en colère, Etes-vous un butin qu'il faille partager ?

N'avez-vous rien à craindre, et rien à ménager? Quoy ! tous également attendent leur salaire; Avez-vous résolu de me faire enrager A force de vouloir éternellement plaire?

Enfin, si je suis las de ce que cent rivaux

Se disputent le prix qu'on doit à mes travaux,

Vous devez l'être aussi de ce qu'on en caquette ;

Vôtre honneur est en proye aux escrocs, aux fîloux; Et si vous excellez en l'art d'être coquette, Je n'excelle pas moins en l'art d'être jaloux.

, Pour la même qui me fit dire qu'elle avoit la fièvre, et quelle ne me pouvait voir.

SONNET

SANS VOUS tâter le poulx, et sans voir au bassin, Ingrate, je sçay trop ce qui vous rend malade; Le quinquina pour vous, est un remède fade ; Je connois vôtre fièvre, et vôtre médecin.

Vous luy pardonnerez, fût-il vôtre assassin; Mais vous ne voulez pas qu'on se le persuade, Et quand il vous dérobe un soupir, une œillade. Vous êtes la première à cacher son larcin.

C'est luy qui cause en vous une langueur secrète. Vainement avec moy vous faites la discrète; Mais sur cette langueur, que ne suis-je en repos?

Que m'importe, que tel ou tel y remédie, Pourquoy m'embarrasser icy mal à propos Et de la médecine, et de la maladie?

SONNET

LES plus fiers animaux, l'un à l'autre opposez, Ne laissent pas d'avoir l'âme reconnoissante ; Et bien plutôt que vous, ils sont aprivoisez , Vous, de qui la douceur n'est rien moins qu'innocente.

Loin d'alléger mes fers qui devroient être usez , Vous insultez vous-même à ma douleur pressante; Et tout le monde sçait que vous me méprisez. Ingrate, n'est-ce pas assez que je le sente?

Si le bruit du triomphe importe à vos appas ,

Où n'est-il point connu que vous ne m'aimez pas?

Pour dire un malheureux il suffit qu'on me nomme.

Un amant souffre tout et doit être constant ;

Mais, injuste beauté , sçachez qu'un honnête homme

Ne s'accommode point d'un mépris éclatant.

STANCES, SONNETS, ÉPIGRAMMES. yS

Sur la Tontine.

ENFIN je ne me plaindrai plus.

De l'étoile qui me domine , Il me reste encor cent écus Que je vais mettre à la Tontine.

O la charmante invention; Sans avoir du dieu Mars essuyé les orages , Sans avoir fatigué la cour de mes hommages , Je serai sur l'Estat et j'aurai pension... Voici par où. j'espère, et par où j'argumente : Si je vis, je suis riche , ou si bientôt je meurs , La pauvreté ni ses horreurs Ne me causent point d'épouvante.

Or ma planète bienfaisante Promet à ma vie un long cours; Ergo, j'aurai sur mes vieux jours Quinze ou vingt mille écus de rente.

Quels plaisirs, quels honneurs, quelle prospérité

Est destinée à ma vieillesse !

Mais parmi tant de biens je mourrai de tristesse, Si mon Roy n'est témoin de ma félicité ,

Le Faux Adieu.

STANCES

POUR voler un baiser, où je n'osois prétendre, J'ay feint de m'en aller bien loin; Mais j'en appelle aussi mon amour à témoin,

Si je ne suis prest à le rendre.

Et si j'eusse eu jamais l'audace de le prendre, A moins que d'en avoir un extrême besoin.

Sans cette invention jointe avec mon courage. Au point que ma langueur étoit.

Il falloit luy céder; son excès m'emportoit; Mais ma finesse me soulage,

Et j'étois obligé de feindre mon voyage,

Afin de retenir mon âme qui partoit.

S'il m'eût fallu partir, et me quitter moy-méme,

Un bien plus violent transport Eût agi sur mon âme avecque plus d'effort ;

Les yeux mouillez, et le teint blême.

Vous m'eussiez vu transi d'une douleur extrême, Et sur ma lèvre enfin vôtre baiser fût mort.

Mon cœur désespéré d'une si rude atteinte,

N'eût pas sçu trouver un milieu Entre perdre la vie, et sortir de ce lieu ;

Et même, à travers de ma plainte, Vous deviez bien juger que ce n'étoit que teinte. Puisque j'étois vivant quand je vous dis adieu.

Cruelle, à quel dessein tâchiez-vous de combattre

Une SI subtile action ?

J*ay pris ce seul baiser avec discrétion.

Et voudrois en avoir pris quatre; Toujours seroit-ce autant que vous pourriez rabattre Sur ce que vous devez à mon affection.

Je voulois vous baiser, sans que d'un front sévère

Vôtre rigueur vînt à couper L'agréable dessein que j'eus de l'attrapper,

yo STANCES, SONNETS, EPIGRAMMES.

Vôtre bonté me laissa faire, Mais pour être meilleur, il était nécessaire Que vôtre complaisance aidât à vous tromper.

C'est pourtant un sujet de gloire non commune ,

De vous avoir joué ce tour, En faveur d'un tourment qui dure nuit et jour ;

Et quoy que le sort m'importune, Je reçois néanmoins des mains de la Fortune, Si je ne suis payé par celles de l'Amour.

Sur la mort du Perroquet de Madame du Plessis- BelUévre,

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