CAROLE EN LATIN
Laudes Deo sint, atque gloria, Hoc tempore, pre cordis gaudio, Exultemus cum Dei Filio , Misse nobis a patris gracia.
Tune prophète vere predixerant Nasciturum de pura virgine, Ut salvaret hos qui perirant, Pro parentum dampnati crimine.
Tune natus est ex stirpe Regia, Flos ascendens de Jesse gremio; llli honor et benedictio
POlâsiBS DE CHÂHLK» d'ORLÉANS. 2A7
Qui nos replet tanta leticia.
Laudes, etc.
Sic induit se carne hominis, Ut per carnem, carnem redimeret, Sic amorem demonstrans servulis, Quos creavit ne ipsos perderet.
miranda Régis clemencia !
Qui non parcen» corpori proprio, Se obtulit diro supplicio, Nostra sanans cruore vicia.
Laudes, etc.
A trompeur, trompeur et deniy ; Tel qu'on semé convient cuillir; Se mestier voy partout courir, Chascun y joue, et moy aussi.
Dy je bien de ce que je dy ?
De tel pain souppefault servir.
A trompeur, etc.
Tel qu'on semé, etc.
Et qui n'a pas langaige en lui, Pour parler selon son désir, Ung truchement lui fault quérir Ainsi, ou par là, ou par cy.
A trompeur, etc.
RONDEL
Baillez lui la massue, A cellui qui cuide estre Plus subtil que son maistre, Et sans raison l'argue ; Ou il sera beste mue, • Quant on l'envoyera pestre.
Baillez, etc.
A cellui, etc.
Quoy qu'il regibe, ou rue,
POÉSIBS DE CHARLES d'ORLÉANS.
Si sault par la fenestre ,.
Comme s'il vint de nestre, Sera chose esperdue.
Baillez, etc.
RONDEL
Ubi supra. N'en parlons plus Des tours cornulz^ Et cetera ; Non est cura.
De telz abus.
£/6ï, etc.
N'en, etc.
Malajura Sont suspendus, Ou deflfendus, Et r cliqua.
Ubi, etc.
RONDEL
Il vit en bonne espérance, Puisqu'il est vestu de gris, Qu'il aura, à son advis.
Encore sa desirance :
Combien qu'il soit hors de France , Par deçà le mont Senis, Il vit, etc.
Puisqu'il, etc.
Perdu a sa contenance.
Et tous ses jeux et ses ris, Gaigner lui fault Paradis, Par force de pacianco.
Il vit, etc.
RONDEL
Noii me (angere,
POÉSIES DB CHARLES d'ORLI^ANS.
Faulte de serviteurs, Car bonté de seigneurs Ne les scet frangere.
Il vous fault regere En craintes et rigueurs.
Noli me, etc.
Faulte de, etc.
De hault erigere Trop tost en grans faveurs, Ce ne sont que foleurs Bien m'en puis plangere.
Noli me, etc.
RONDEL
(Orléans à Maistre Estienne le Goût. )
Maistre Estienne le Goût nominatif, Nouvellement, par manière optative, Si a voulu faire copulative; Mais failli a en son cas génitif.
Il avait mis six ducatz en datif , Pour mieulx avoir s'amie vocative.
Maistre, etc.
Nouvellement, etc.
Quant rencontré a un accusatif.
Qui sa robbe lui a fait ablative:
Dé fenestre assez superlative,
A fait ung sault portant coups en passif.
Maistre, etc.
RONDEL
(Responce de Maistre EstieoDe le Goût.)
Monseigneur très supellatif, Pour respondre au narratif De vostre briefve expositive ; Elle fut premier vocative, Par le moyen du génitif.
Les six ducatz sont nombratif.
^70 FOfiSlBS DB CUAHlrSS u'OHI>ÉANS.
Mais quant au fait du possessif, La chose est ung peu neutrative.
Monseigneur, etc.
Pour respondre, etc.
Et quant au dangier du passif, J'ay saufconduit prorogatif, Par quoy mectray paine soubtive D'accorder, sus la négative , L'adjectif et le substantif.
Monseigneur, etc.
RONDEL
Près là, bnquet aux pendantes oreilles, Tu sces que c'est de déduit de gibier, Au derrenier tu auras ton loyer, Et puis seras viande pour corneilles.
Tu ne fais pas miracles, mais merveilles , Et as aide pour te bien enseigner.
Près là, briquet, etc.
Tu sces, etc.
A toute heure diligemment traveilles, Et en chasse vaulx autant qu'un limier, Tu amaines au tiltre de lévrier Toutes bestes, et noires, et vermeilles.
Près là briquet, etc.
RONDEL
Or s'y joue qui vouldrà ; Qui me change, je le change ; ' Nul ne le tiengne chose estrange.
D'avoir selon qu'il fera; Quant par sa faulte fera, Gré ne dessert, ne louange.
Or s'y joue, etc.
Qui me, etc.
Puisque advisé on l'en a, Et à raison ne se range,
POÉSIBS DR CHARLES d'oHI.ÉANS. 271
S'apres s'elle se revange.
Le tort à qui demourra ?
Or s'y joue, etc.
RONDEL
(Orléans à AlencoD.}
En la vigne jusqu'au peschier Estes bouté, mon filz très cfaier, Dont, par ma foy, suis très joyeuh, Quant de rimer vous voy songneux, Et vous en voulez empeschier ?
Soit au lever, ou au couchier, Ou quant vous devez dievauchier, Esbatez vous pour le mieulx.
En la vigne, etc.
Estes bouté, etc.
Se Desplaisir vous vient serchier, Pour de lui tost vous despeschier, Sans estre merencolieux, Grant bien vous fera, se m'aid Dieux, Passez y temps sans plus preschier.
En la vigne, etc.
RONDEL
(Responce d'Alencon.)
Le vigneron fut atrapé, Quant il fut trouvé en la vigne , Trop mieulx que poisson à la ligne, Ne que rat au lardon hapé ; D'un trait d'ueil fut prins et frapé.
Par celle qui pas ne forligne.
Le vigneron, etc, Quant il fut, etc.
A peine lui fut eschappé,
Le povre compaignon qui pigne,
Très mal pigne des dents d'un pigne,
Ainsi surprins etagrapé.
Le vigneron, etc.
RONDEL
Quant je fus prins ou pavillon
De ma Dame très gente et belle,
Je nie brulay à la chandelle.
Ainsi que fait le papillon.
Je rougiz comme vermeillon,
Aussi flambant qu'une estincelle.
Quand je fus, etc.
De ma Dame, etc.
Si j'eusse esté esmerillon,
Ou que j'eusse eu aussi bonne elle,
Je me feusse gardé de celle
Qui me bailla del'aguillon.
Quant je fus, etc.
CHANCON
Satis, satis, plus quam satis, N'en avez vous encore assez ?
Par Dieu, vous en serez lassez Des folies quas amatis.
Cum sensibus ebetalis, Soctes gens vous les amassez.
Satis, satis, etc.
N'en avez, etc.
Et pour ce, si me credatis, Oubliez tous les temps passez, Et voz meschans pensers cassez, Dolendo de perpetratis.
Salis, satis, etc.
CHANCON
Mon cueur plus ne volera, Il est enchaperonné, Nonchaloir Ta ordonné, Qui ja piaca le m'osta.
POBSIBS DB CHARLES u'ORLÉANS. 273
Confort depuis ne lui a Cure, n'atïrer donné.
Il est, etc.
Se sa gorge gectera ?
Je ne scay, car gouverné Ne Tay, mais abandonné ; Soit com avenir pourra.
Mon cueur, etc.
CHANCON
Non temptabis, tien te coy, Regard plain d'atrayemenl.
Fade rétro tellement Que point n'aproches de moy.
Probavi te, sur ma foy, Je crains ton assotement.
Non, etc.
Regard, etc.
Ecce la raison pourquoy, ïu resveilles trop souvent Corda, bien congnois comment Presches l'amoureuse loy.
Non temptabis, etc,
CHANCON
Chascun dit qu'estes bonne et belle , Mais mon ueil jugier n'e saura, Car lignage m'avuglera.
Qui maintendra vostre querelle; Quant on parle de damoiselle Qui à largesse de biens a, Chascun dit, etc.
Mais mon, etc.
A nostre assemblée nouvelle, Verray ce qu'il m'en semblera , Et, s'ainsi est, bien me plaira ;
274 FôéSIES I)K CHAttLES d'oHI^AN!;.
Or prenons que vous soyez telle.
Chascun dit, etc.
CHANCON
Gardez vous de mergo Trompeur faulx et rusez, Qui les gens abusez Mainteffoiz a iergo.
En tous lieux où pergo, Fort estes accusez.
Gardez vous, etc.
Trompeur, etc.
Mercy dit : abstergo Les faultes dont usez, Mais que les refusez; Avisez vous ergo.
Gardez vous, etc.
RONDEL
Encore lui fait il grant bien De veoir celle qu'a tant amée, A celui qui cueur et pensée A voit en elle, comme tien .
Combien qu'il n'y aye plus rien.
Et qu'autre la lui ait ostée.
Encore lui, etc.
De veoir, etc.
En regardant son doulx maintien, Et son fait qui moult lui agrée.
S'il la peut tenir embrassée.
Il pense que une foiz fut sien Encore lui, etc.
CHANCON
Quant n'ont assez fait dodo,
Ces petitz enfanchonnés,
Tlz portent soubz leurs bonnes
POB»lBâ UB CHARLBS d'OAL^ANS. 275
Visaiges pleins de bobo.
C'est pitié s'Wz font jojo Trop matin, les douldnés.
Quant n'ont, etc.
Ces petitz, etc.
Mieux amassent à gogo Gésir sur molz coissinés, Car ilz sont tant poupines, Helas! che, guoguo, guoguo.
Quant n'ont, etc.
RONDEL
Avugle et assourdy, De tous poins en nonchaloii", Je ne puis ouir, ne veoir Chose dont soye esjouy.
Se desplaisant, ou marry.
Tout m'est ung, pour dire veoir.
Avugle, etc. ' De tous, etc.
Es escolles fu nourry D'amours, pensant mieux valoir ; Quant plus y cuiday savoir , Plus m'y trouvay rassoty.
Avugle, etc.
RONDEL
Procul a nobis Soient ces trompeurs, Daniur aux flateurs f^erha pro verhis, Sicui pax vobis, Et tendent ailleurs.
Procul, etc.
Soient ces, etc.
Non semol sicui bis,
276 POBSIBS DE CHARLES D'ORL^ANS.
Et des foiz plusieurs, Sont loups ravisseurs Soubz peaulx de brebis.
Proculy etc.
RONDEL
J'estraine de bien loing m'amie, De cueur, de corps et quanque j'ay, En bon an lui souhaideray Joye, santé et bonne vie.
Mais que ne m'estraine d'oublié, Ne plus ne moins que la feray.
J'estraine, etc.
De cueur, etc.
Mon cueur de chapel de soussie, Ce jour de Tan, estreneray ; Et à elle presenteray Des fleurs de ne m'oubliez mie.
Pestraine, etc.
RONDEL
Faulcette confite En plaisant parler, Laissez la aler, Car je la despite.
Ce n'est que redite De tant Tesprou ver. Faulcette, etc.
En plaisant, etc.
Et quant on s'acquicte Plus de l'amender, Pis la voy ouvrer.
C'est chose maudicte.
Faulcette, etc.
RONDEL
Parlant ouvertement
POÉSIES DE CHARLES d'ORLJ^ANS. 277
Des faiz du Dieu d'amours, N'a il d'estranges tours En son commandement?
Ouil, certainement, Qui dira le rebours?
Parlant, etc.
Des faiz, etc.
S'on faisoit loyaument Enqueste par les cours, On orroit tous les jours Qu'on s'en plaint grandement.
Parlant, etc.
RONDEL
Il fauldroit faire l'arquemie, Qui vouldroit forgier faulceté Tant qu'elle devint loyaulté.
Quant en malice est endurcie.
C'est rompre sa teste en folie, Et temps perdre en oysiveté.
Il fauldroit, etc.
Qui vouldroit, etc.
Plus avant qu'on y estudie, Et moins y congnoist on seurté.
Car de faire de mal, bonté, L'un à l'autre trop contrarie.
II fauldroit, etc.
RONDEL
Tant sont les yeulx de mon cueur endormîz En nonchaloir, qu'ouvrir ne les pourroye; Pour ce, parler de beaulté n'oseroye, Pour le présent, comme j'ay fait jadiz.
Par cueur retiens ce que j'en ay apris, • Car plus ne scay lire ou livre de joye, Tant sont, etc.
En nonchaloir, etc.
278 POiSIBS DE CHARLES d'ORLÉANS.
Chascun diroit qu'entre les rassotiz, Comme aveugle des couleurs jugeroye, Taire m'en vueil, rien n'y voy, Dieu y voye ! Plaisans regars n'ont plus en moy logis.
Tant sont, etc.
RONDEL
En changeant mes appetiz, Je suis tout saoul de blanc pain, Et de menger meurs de fain D'un fres et nouveau pain bis.
A mon gré, ce pain faltis, C'est ung morceau souverain.
En changeant, etc.
Je suis tout, etc.
S'il en fust à mon devis, Plus tost anuyt que demain J'en eusse mon vouloir plain, Car grant désir m'en est pris.
En changeant, etc.
RONDEL
(Maistre Jehan Caillau )
Tant sont les yeulx de mon cueur endormiz En nonchaloir, qu'ouvrir ne les pourroye; Pour ce, parler de beaulté n'oseroye Pour le présent, comme j'ay fait jadiz ; Joye et soulaz ne sont plus mes amis, Chose ne voy de quoy je me resjoye, Tant sont, etc.
En nonchaloir, etc.
Je suis mouillé, et retrait, et remis.
Morne et'pensif, trop plus que ne souloye, J'y voy trouble, car es yeulx ay la taye, Et n'y congnois le blanc d'avec le bis, Tant sont, etc.
POÉSIES DE CHAHLBS d'oRLIÊANS. 279
RONDEL
(Fredet.)
Pour mectre à fin la grant doleur Que par trop amer je reçoy,
^courez moy ; Las ! on autrement, sur ma foy , Mes jours n'auront pas grant longueur.
Car si très tourmenté je suis,
De tant d'ennuys Qui sans cesser me courent seure. Que je n'ays bons jours, bonnes nuys ;
Et si ne puis Trouver, fors vous, qui me sequeure.
Aidez à vostre serviteur , Qui est mieulx pris que par le doy,
Ou mort me voy , Se ne montrez brief, savez quoy ?
Que vous ayez mon fait à cueur.
Pour mectre, etc.
RONDEL
Helas ! me tuerez vous ?
Pour Dieu retraiez cest ueii Qui d'un amoureux acueil M'occit, se ne suis rescous.
Je tiens vostre cueur si doulx, Que me rens tout à son vueil.
Helas! etc.
Pour Dieu, etc.
De quoy vous peut mon courrons Valoir? ne servir mon dueil?
Quant humblement, sans orgueil, Je requier mercy à tous.
Helas, etc.
RONDEL
(Responce d'Orléans à Fredet.)
Pour mectre à fin vostre doleur, Où pour le présent je vous voy,
Descouvrez moy Tout vostre fait, car, sur ma foy, Je vous secourray de bon cueur ; Plus avant offrir ne vous puis,
Fors que je suis Prest de vous aider à toute heure, A vous bouter hors des ennuys
Que, jours et nuys, Dictes qu'avec vous font demeure.
Quant vous tenez mon serviteur, Et vostre doleur apparcoy,
Montrer au doy On me devroit, se tenir quoy Vouloye, comme faint seigneur.
Pour mectre, etc.
RONDEL
Ung cueur, ung vueil, une plaisance, Ung désir, ung consentement , Ung reconfort, ung pensement.
Fermez en loyalle fiance, Dieu que bonne en est Taccointance !
Tenir la doit on chierement.
Ung cueur, etc.
Ung désir, etc.
Contre Dangier et sa puissance , Qui les het trop mortelement, Gardons les bien et saigement ; N'est ce toute nostre chevance?
Ung cueur, etc.
RONDEL
Pour ce que plaisance est morte.
POESIES DE CHARLES D'oRL^AiVS. 281
Ce May suis vestu de noir,
C'est grant pitié de veoir
Mon cueur, qui s'en desconforte.
Je m'abille de la sorte
Que doy, pour faire devoir.
Pour ce que, etc.
Ce May, etc.
Le temps ces nouvelles porte, Qui ne veult déduit avoir, Mais par force de pleuvoir, Fait des champs clorre la porte.
Pour ce que, etc.
RONDEL
Cueur, à qui prendrez vous conseil ?
A nul ne povez descouvrir Le très angoisseux desplaisir Qui vous tient en paine et traveil.
Je tiens qu'il n'a soubz le souleil.
De vous plus parfait vray martire.
Cueur, a qui, etc.
A nul, etc.
Au moins faictes vostre apareil De bien vous faire ensevellir , Ce n'est que mort d'ainsi languir.
En tel martire nompareil.
Cueur, à qui, etc.
RONDEL
A Dieu ! qu'il m'anuye, Helas! qu'est ce cy?
Demourray ainsi En merencolie? Qui que chante, ou rie , J'ay tousjours soussy.
A Dieu, etc.
Helas! qu'est ce, etc.
282 lK>ésiBS l)B CHARLES d'oRLÉANS.
Penser me guerrie, Et fortune aussi.
Tellement, et si Fort que hé ma vie.
A Dieu, etc.
RONDEL
Dedens mon livre de pensée, J'ay trouvé escripvant mon cueur, La vraye histoire de doleur.
De lermes toute enluminée; En défiassent la très amée Ymage de plaisant doulceur.
Dedens mon, etc.
J'ay trouvé, etc.
Helas! où l'a mon cueur trouvée ?
Les grosses goûtes de sueur Lui saillentj de peine et labeur Qu'il y prent, et Huit, «t journée.
Dedens, etc.
RONDEL
Ci pris, ci mis.
Trop fort me lie Merencolie, De pis en pis, Quant me tient pri.*^ En sa baillie.
Ci pris, etc.
Trop fort, etc.
Se hors soussis Je ne m'alie A chiere lie, Vivant languis.
Ci pris, etc.
POÉSIES DE CUAKLBS DOKLÉANS. 283
RONDEL
En regardant ces belles fleurs Que le temps nouveau d'amours prie, Chascune d'elle s'ajolie, Et farde de plaisans couleurs ; Tant embasmées sont de odeurs Qu'il n'est cueur qui ne rajeunie.
En regardant, etc.
Que le temps, etc.
Les oyseaulx deviennent danseurs Dessus mainte branche fleurie, Et font joyeuse chanterie.
De contres, des chans et teneurs.
En regardant, etc.
RONDEL
Et de cela, quoy?
Se soussy m'assault, A mon cueur n'en chault, N'aussipeuà moy; Ck)mme j'appercoy.
Courroux riens n'y vault.
Et de cela, etc.
Se soussy, etc.
Par luyjereçoy Souvent froit et chauU, Puisqu'estre ainsi fault, Remède n'y voy.
Et de cela, etc.
RONDEL
Oncques feu ne fut sans fumée.
Ne doloreux cueurs sans pensée.
Ne reconfort sans espérance, Ne joyeulx regart sans plaisance, Ne beau soleil qu'après nuée.
284 POÉSIBS DE CHARLES D'oRL^ANS.
Tay tost ma sentence donnée, De plus sachant soit amendée, J'en dy selon ma congnoissance.
Oncques feu, etc.
Ne doloreux, etc.
Ësbatement n'est sans risée, Souspir sans chose regretée, Souhait sans ardant desirance, Doubte sans muer contenance , Cest chose de vray esprouvée.
Oncques feu, etc.
RONDEL
Et décela, quoy?
En ce temps nouveau.
Soit ou laid, ou beau, Il m'en chault bien poy ; Je demourray quoy En ma vieille peau.
Et de cela, etc.
Plusieurs, comme voy.
Ont des pois au veau ; Je mectray mon seau Qu'ainsi je le croy.
Et de cela, etc.
RONDEL
Chantez ce que vous pensez, Monstrant joyeuse manière, Ne la vendçz pas si chiere, Trop en vis la despensez.
Or sus, tost vous avancez, Laissez coustume estrangiere.
Chantez ce que, etc.
Monstrant, etc.
Tous noz menuz pourpensez
POÉSIES DE CHARLES n'ORLRÂNS. 285
Descouvrons, à lye chiere , L'un à l'autre, sans prière; J'acheveray, commencez.
Chantez, etc.
RONDEL
Le trouveray je jamais ?
Ung loyal cueur joint au mien, A qui je soye tout sien, Sans départir désormais.
D'en deviser par souhais, Souvent m'y esbas, et bien.
Le trouveray, etc.
Ung loyal, etc.
Autant vault se je m'en tais, Car certainement je tien Qu'il ne s'en fera ja rien ; En toute chose a ung mais.
Le trouveray, etc.
RONDEL
Gens qui cuident estre si saiges Qu'ilz pensent plusieurs abestir, Si bien ne se sauront couvrir Qu'on n'aperçoive leurs couraiges^ Payer leur fauldra les usaiges De leurs becz jaunes, sans faillir.
Gens qui, etc.
Qu'ilz pensent, etc.
On scet par anciens ouvraiges, Dequel mestier scevent servir ; Melusine n'en peut mentir.
Elle les cognoist aux visaiges.
Gens qui, etc.
RONDEL
Il me pleust bien,
286 POÉSIKS DB CHARLKS D ORLEANS
Se tour il a , Quan me monstra Que estoit tout mien; Par son maintien Tost megaigna.
Il me, etc.
Se tour, etc.
Sans dire rien, Mon eueur pensa, Et ordonna, Qu'il seroit sien.
Il me, etc.
RONDEL
Quant j'ay ouy le tabourin Sonner, pour s'en aler au May, En mon lit fait n'en ay efPray, Ne levé mon chief du coissin ; En disant : il est trop matin, Uug peu je me rendormiray.
Quantj'ay, etc.
Sonner, pour, etc.
Jeunes gens partent leur butin, De nonchaloir m'accointeray, A Lui je m'abutineray, Trouvé l'ay plus prouchain voisin.
Quantj'ay, etc.
RONDEL
En mon cueur cheoit , Et là devinoye.
Comme je pensoye, Qu'ainsi m'avendroit.
Fol tant qu'il reçoit, Ne croit rien qu'il voye.
En mon, etc.
Et là, etc.
POÉSIBS DE CHARLES d'oRLI^ANS. 287
Sotye seroit, - Seplusymusoye; Ma teste romperoye , Soit ou tort, ou droit.
En mon, etc.
Le premier jour du mois de May, De tanne et de vert perdu, Las! j'ay trouvé mon cueur vestu, Dieu scet en quel piteux array !
Tantost demandé je lui ay, Dont estoit cest habit venu?
Le premier, etc.
De tanne, etc.
Il m'a respondu, bien le scay, Mais par ma foy ne sera cogneu ; Desplaisance m'en a pourveu, Sa livrée je porteray.
Le premier, etc.
RONDEL
Le monde est ennuyé de moy , Et moy pareillement de lui ; Je ne congnois rien aujourdui Dont il me chaille que bien poy.
Dont quanque devant mes yeulx voy, Puis noipmer anuy sur anuy.
Le monde, etc.
Et moy, etc.
Chierement §e vent bonne foy,
A bon marché n'en a nulluy ;
Et pour ce, se je suis cellui
Qui m'en plains , j'ay raison pourquoy.
Lo monde, etc.
288 POÉSIRS DE CHARLES d'oRLÉANS.
De riens ne sert à cueur en desplaisance , Chanter, dancer, n'aucun esbatement, Il lui souffit de povoir seulement Tousjours penser en sa maie meschance ; Quant il congnoist qu'en hasart gist sa chance, Et désir n'est à son commandement.
De riens ne sert , etc.
Chanter, daijcer, etc.
S'on rit, pleurer lui est d'acoustumance ; S'il peut, à part se met le plus souvent, Afin qu'à nul ne tiengne parlement; Pour le guérir ja mire ne s'avance.
De riens ne sert, etc.
RONDEL
Vous y fiez vous ?
En mondain espoir, S'il scet décevoir.
Demander à tous.
Son actrait est doulx, Pour gens mieulx avoir.
Vous y, etc.
En mondain, etc.
De joye, ou courroux.
Seing, ou nonchaloir, Veult, à son vouloir.
Tenir les deux boux.
Vous y, etc.
RONDEL
Fiez vous y ,
A qui?
En quoy?
Comme je voy.
Riens n'est sans sy ;
POÉSIES DE CHARLES D'oHLÉANS. 2H9
Ce monde cy
A sy
Pou foy.
Fiez, etc.
A, etc.
Plus je n'en dy,
N'escry,
Pour(juoy ?
Chascunj'en croy; S'il est ainsy, Fiez, etc.
RONDEL
Vengence de mes yeulx Puisse mon'cueur avoir, Hz lui font recevoir Trop de maulx en mains lieux.
Amours , le Roy des Dieux, Faictes vostre devoir.
Vengence, ètc, Puisse mon, etc.
Se jamais plus sont tieulx.
Encontre mon vouloir, Sur eulx, et main, et soir, Crieray jusques aux cieulx.
Vengence, etc.
De legier pleure à qui la lippe pent ; Ne demandez jamais comment lui va.
Laissez l'en paix, il se confortera, Ou en son fait mectra appoinciement.
A son umbre se combactra souvent.
Et puis son frein rungier lui convendra.
De legier, etc.
Ne demandez, etc.
290 POESIES DR CHARLES d'ORLÉANS.
S'on parle à lui, il en est mal content; Cheminée, au derrain trouvera, Par où passer sa fumée pourra ; Ainsi avientle plus communément.
De legier, etc.
AONDEL.
Espoir ne me fîst oncques bien, Souvent me ment pour me complaire , Et assez promet sans riens faire, Dont à lui peu tenu me tien ; En ses ditz ne me fie en rien, Se Dieu m'aist, je ne m'en puis taire.
Espoir ne, etc.
Souvent me, etc.
Quant reconfort requérir lui vien.
Et cuide qu'il le doye faire, Tousjours me respont au contraire, Et me hare reffus son chien.
Espoir ne, etc.
RONDEL
Dont viens tu maintenant, souspir, Aportes tu nulles nouvelles ?
Dieu doint qu'ilz puissent estre tellas Quevoulentiers les doye ouir.
S'ilz viennent de devers Désir, Hz ne sont que bonnes et belles.
Dont viens, etc.
Aportes tu, etc.
Mais s'ilz sourflent de Desplaisir, J'ayme mieulx que tu les me celes, Assez et trop j'en ay de telles; Ne dy riens que pour m'esjouir.
Dont viens, etc.
RONDEL
C'est par vous seulement. Fiance,
Qu'ainsi je me trouve deceu ; Car, se par avant Teusse sceu.
Bien y eusse mis pourveance.
Au fort, quant je suis en ]a dance, Puisqu'il est trait, il sera beu.
C'est par vous, etc.
Qu'ainsi je, etc.
Je doy bien hair l'acointance Du premier jour que vous ay veu , .
Car prins m'avez au despourveu; Nul n'est trahy qu'en espérance.
C'est par, etc.
RONDEL
Ou pis, ou mieulx , Mon cueuraura, Plus ne sera En soussy tieulx ; Par Dieu, des cieulx Chemin prendra.
Ou pis, etc.
Mon cueur, etc.
En aucuns lieux, Fortune, or ca, On vous verra Plus cler aux yeulx.
Ou pis, etc.
RONDEL
Par vous, regart, sergent d'amours, Sont arrestés les povres cueurs, Souvent en plaisirs et doulceurs, Et mainteffoiz tout au rebours ; Devant les amoureuses cours, Les officiers et gouverneurs.
Par vous, etc.
Sont arrastés, otr.
292 POÉSiBS DE CHARLKS d'ORLÉANS.
Etadjournez à trop briefz jours, Pour leur porter plus de rigueurs, Comme subgiez et serviteurs, Endurent mains estranges tours.
Par vous, etc.
RONDEL
S'en mes mains une foiz vous tiens, Pas ne m'eschapperez. Plaisance , Ja Fortune n'aura puissance Que n'aye ma part de voz biens ; En despit de Dueil et des siens.
Qui me tourmentent de penance. S'en mes, etc.
Pas ne, etc.
Doy je tousjours, sans avoir riens, Languir en ma dure grevance ? .
Nennil, promis m'a Espérance Que serez de tous poins des miens.
S'en mes, etc.
RONDEL
Payés selon vostre déserte
Puissiez vous estre ! faulx trompeurs.
Au derfenier des cabuseurs
Sera la malice déserte.
D'entre deux meures, une verte
Vous fault servir, pour voz labeurs.
Payés selon, etc.
Puissiez vous, etc.
Vostre besongne est trop ouverte,
Ce n'est pas jeu d'entrejecteurs ;
Aux esches s'estes bons joueurs.
Gardez l'eschec à descouverte.
Payés selon, etc.
RONDEL
Plus penser que dire,
POÉSIES DB CHARLES D'oRLÉANS. 293
Me convient souvent, Sans monstrer comment, N'a quoy, mon cueur tire; Faignant de soubzrire, Quant suis très dolent.
Plus penser, etc.
Me convient, etc.
En toussant, souspire Pour secrètement Musser mon tourment, C'est privé martire.
Plus penser, etc.
RONDEL
Mort de moy ! vous y jouez vous Avec Dame Merencolie?
Mon cueur, vous faictes grant folye, C'est la nourrisse de courroux.
Ung baston qui point à deux boutz.
Porte, dont elle s'escremye.
Mort de moy, etc.
Avec Dame, etc.
Je tiens saiges toutes et tous, Qui eslongnent sa compaignie ; Saint Jehan, je ne m'y mectray mie.
Que je m'y boutasse à quans coups.
Mort de moy, etc.
RONDEL
Je ne suis pas de ses gens le, A qui Fortune plaist et rit , De reconfort trop m'escondit, Veu que tant de mal donné m'a.
S'en demande comment me va ?
Il est ainsi comme j'ay dit.
Je ne suis, etc.
A qui, etc.
294 POésiBS DE CHARLES d'oRLÉANS.
Quant je dy que bon temps vendra, Mon cueur me respont par despit :
Voire, s'Espoir ne vous mentit, Plusieurs decoit et deœvra.
Je ne suis, etc.
RONDEL
Allez, allez, vieille nourrice De courroux et de malle vie Rassotée Merencolie, Vous n'avez que dueil et malice ; Desormaiz plus n'aurez office Avec mon cueur, je vous regnye.
Allez, allez, etc.
De courroux, etc.
Pour vous n'y a point lieu propice, Confort l'a prins, n'en doubtez mie , Fuyez hors de la compaignie; D'Espoir fais nouvel édifice.
Allez, allez, etc.
RONDEL
Remède coraiment Pourray je quérir?
Du mal qu'à soufl&ir J'ay trop longuement.
Qfu'en dit loyaument Conseil ? sans mentir.
Remède, etc.
Pourray je, etc.
Pour abrègement.
Guérir, ou mourir; Plus ne puis fournir, Se sens ne m'aprent.
Remède, etc.
RONDEL
Vous ne tenez compte de moy,
PûéSIBS DE CHARLES d'oRLÉANS.
Beau Sire , mais qui estes vous?
Voulez vous estre seul sur tous ,
Et qu'on vous laisse tenir quoy ?
Merencolie suiz, et doy
En tous faiz, tenir Tun des bouts.
Vous ne tenez, etc.
Beau Sire, etc.
Se je vous pinsse par le doy,
Ne me chault de vostre courroux,
On verra se serez rescous
Des mains, par qui, et pourquoy?
Vous ne tenez, etc.
RONDEL
Quant je voy ce que ne vueil raie, Et n'ay ce dont suis désirant, Pensant ce qui m'est desplaisant, Est ce merveille s'il m'anuye?
Nennil, force est que me soussie De mon cueur qui est languissant.
Quant je voy, etc.
Et n'ay, etc.
En douleur et merencolie Suis, nuit et jour, estudiant ; Lors je me boute trop avant En une haulte théologie.
Quant je voy, etc.
RONDEL
Ainsi que chassoye aux sangliers, Mon cueur chassoit après Dangiers En la forest de ma pensée.
Dont rencontra grant assemblée Trespassans par divers sentiers ; Deux ou trois saillirent premiers , Comme fors, orgueilleux et fiers;
2W POésiBS DE CHARLES d'ORLÉAKS.
N'estoit ce pas chose esfroyée?
Ainsi que, etc.
Mon cueur, etc. •
En la forest, etc.
Lors mon cueur lascha sus lévriers, Lesquels sont nommés Desiriers ; Puis Espérance Tasseurée, L'espieu ou poing, sainte Tespée , Vint pour combatre voulentiers.
Ainsi que, etc.
Soteuil, raporteur de nouvelles, Où vas tu? et ne sces pourquoy.
Ne sans prandre congié de moy En la compaignie des belles.
Tu es trop tost accointé d'elles ; Il te vaulsist mieulx tenir quoy.
Soteuil, etc.
Où vas tu, etc.
Se ne changes manières telles, Par raison, ainsi que je doy, Chastier te vueil, sur ma foy; Contre toy j'ay assez querelles.
Sot euil, etc.
RONDEL
Mort de moy î vous y jouez vous ?
En quoy? es faiz de tromperie; Ce n'est que coustume jolie Dont ung peu ont toutes et tous ; Renverser s'en dessuz dessoubz, Est ce bien fait ? je vous en prie.
Mort de moy, etc. '^
En quoy, etc.
Laissez moy taster vostre pouls.
Vous tient point celle maladie?
POésIBS DB CHAHLBS d'ORL^ANS, 297
Parlez bas, qu'on ne Toye mie , Il semble que criez aux loups.
Mort de moy, etc.
Est ce vers moi qu'envoyez ce souspir?
M'apporte il point quelque bonne nouvelle?
Soit mal ou bien, pour Dieu, qu'il ne me celle Ce que lui vueil de mon fait enquérir.
Suis je jugié de vivre, ou de mourir?
Soustendra ja Loyaulté ma querelle ?
Est ce vers moy, etc.
M'apporte il, etc.
Et , nuit et jour, j'escoute pour ouir S'auray confort de ma paine cruelle , Pire ne peut estre se non mortelle.
Dictes se riens y a pour m'esjouir ?
Est ce vers moy, etc.
RONDEL
M'apellez vous cela jeu ?
D'estre tousjours en ennuy ; Certes, je ne voy nuUuy Qui n'en ait plus trop que peu.
Nul ne desnoue ce neu.
S'il n'a de Fortune apuy.
M'apellez, etc.
D'estre, etc.
On s'art qui est près du feu ; Et pour ce, je suis cellui Qui à mon povoir le sui, Quant je n'y congnois mon preu.
M'apellez vous, etc.
RONDEL
Alons nous esbatro, .Mon rueur, vous et moy,
POESIES DB CHARLES d'ORLIÎANS.
Laissons, à part soy, Soussy se combatre ; Tousjours veult desbatre, Et jamais n'est quoy.
Alons nous, etc.
Mon cueur, etc.
On vous devroit batre, Et monstrer au doy.
Se, dessoubz sa loy, Vous laissez abatre.
Allons nous, etc.
RONDEL
Aussi bien laides que belles Contrefont les dangereuses, Et souvent les précieuses, Hz ont les manières telles; Pareillement les pucelles Deviennent tantost honteuses.
Aussi bien, etc.
Contrefont, etc.
Les vieilles font les nouvelles, En parolles gracieuses Et accointances joyeuses, C'est la condicion d'elles.
Aussi bien, etc.
RONDEL
Je vous arreste, de main mise, Mes yeulx, emprisonnés serez.
Plus mon cueur ne gouvernerez, Désormais je vous en avise; Trop avez fait à vostre guise, Par ma foy, plus ne le ferez.
Je vous arreste, etc Mes yeulx, etc.
On peut bien pour vous corner ï)rise,
POésiBS DE CHARLES d'ORLÉANS. 21K)
Prins estes, point n'eschapperez; Nul remède n'y trouverez, Rien n'y vault apel, ne franchise.
Je vous arreste, etc.
RONDEL
Qui a toutes ses hontes beues, Il ne lui chault que l'en lui die, 11 laisse passer mocquerie Devant ses yeulx, comme les nues S'en le hue parmy les rues, La teste hoche à chiere lie.
Qui a toutes, etc.
Il ne lui, etc.
Truffes sont vers lui bien venues, Quant gens rient, il faut qu'il rie ; Rougir on ne le feroit mie, Contenances n'a point perdues.
Qui a toutes, etc.
RONDEL
En mes pais, quant me trouve à repos, Je m'esbays, et n'y scay contenance.
Car j'ay apris travail des mon enfance.
Dont fortune m'a bien chargié le dos.
Que voulez que vous die ? à briefz roos.
Ainsi m'est il, ce vient d'acoustumancc.
En mes pais, etc.
Je m'esbays, etc.
Tout à part moy, en mon penser m'enclos, Et fais chasteaulx en Espaigne et en France ; Oultre les monts, forge mainte ordonnance,, Chascun jour, j'ay plus de mille propos. En mes pais, etc.
RONDEL
Repaissez vous en parler gracieux,.
300 POLIES DB CH.4RLBS d'oRLIÎANS.
Avec dames qui menguent poisson, Vous qui jeusnez par grant devocion, Ce vendredi ne povez faire mieulx.
Se vous voulez de Déesses, ou Dieux, Avoir confort, ou consolacion, Repaissez vous, etc.
Avec dames, etc.
Lire vous voy faiz merencolieux De Troilus, plains de compassion; D'Amour martir fut en sa nascion, Laissez Ten paix, il n'en est plus de tieulx. Repaissez vous, etc.
RONDEL
Alez vous en, alez, alez, Soussy, Seing et Merencolie, Me.cuidez vous toute ma vie Gouverner, comme fait avez?
Je vous promet que non ferez, Raison aura sur vous maistric.
Alez vous en, etc, Soussy, Seing, etc.
Se jamais plus vous retournez Avecques vostre compaignie, Je pri à Dieu qu'il yous maudic.
Et ce par qui vous revendrez.
Alez vous en, etc.
Hau guêcte mon ueil, et puis quoi?
Voyez vous riens? ouil, assez :
Qu'est ce cela que vous savez ?
Cler, le vous puis monstrer au doy.
Regardez plus avant un poy, Vos repars ne soient lassez.
Hau guecte, etc.
Voyez vous, etc.
Arxjuicté me suis, comme doy,
POÉSIES DE CHAKLBS h'ORLEANS. 3(H
Il a ja plusieurs ans passez, Sans avoir mes gaiges cassez, Bien avez servi, sur ma foy.
Hau guecte, elc.
RONDEL
Se vous voulez que tout vostre deviengne , En me monstrant quelque joyeux semblant , Dictes ce mot : Je vous tieiis mon servant, Servez si bien que contente m'en tiengne.
Devoir feray, comment qu'il m'en adviengne, Très loyaument, desoresenavant.
Se vous voulez, etc.
En me monstrant, etc.
Sans que mercy, ne grâce me soustiengne , S'en loyaulté je faulx, ne tant ne quant, Punissez moy tout à vostre talant; Et se bien sers, pour Dieu, vous en souviengne. Se vous voulez, etc.
RONDEL
Que nous en faisons De telles manières.
Et doulces, et fîeres, Selon les saisons ; En champs, ou lîiaisons, Par bois et rivières, Que nous, etc.
De telles, etc.
Ung temps nous taisons, Tenans assez chieres, Nos joyeuses chieres, Puis nous rapaisons.
Que nous, etc.
RONDEL
A l'autre huis , Souvent m'envoye Espérance,
902 PoéslBS DB CHARLES d'oRLÉANS.
Et me tanse, Quant en tristesse je suis.
Jours et nuys, Cellui demande alegance.
A Fautre, etc.
Souvent, etc.
Oncques puis Que failli ma desirance,
De plaisance Mon cueur et moy, sommes vuys.
A Fautre, etc.
RONDEL
Vendez autre part vostre dueil, Quant est à moy, je n'en ay cure ; A grant marché , oultre mesure, J'en ay assez contre mon vueil.
Ja n'entrera dedans le sueil De mon Penser, je vous le jure.
Vendez, etc.
Quant est, etc.
Desconforté, la lerme à Tueil, Ailleurs quiere son avanture , Plus ne vous mené vie dure.
Puisque mal vous fait son accueil.
Vendez, etc.
RONDEL
Comme j'oy que chascun devise :
On n'est pas tousjours à sa guise, Beau chanter si ennuyé bien.
Jeu qui trop dure, ne vault rien ; Tant va le pot à Teaue qui brise.
Il convient que trop parler nuyse.
Se dit on, et trop gratcr cui.se ;
POéSlES DE CHARLES d'ORLI^ANS. 303
Riens ne demeure en ung maintien.
Comme j'oy, etc.
On n'est pas, etc.
Beau chanter, etc.
Apres chault temps, vient vent de bise, Apres hucques, robbes de frise, Le monde de passé revien, A son vouloir joue du sien, Tant entre gens laiz que d'Eglise.
Comme j'oy, etc.
Glermondois.
Qui veult achater de mon dueil?
D'en avoir trop, las ! je me vante,
Car ma' povre vie dolante
N'en peut plus, non fait pas mon vueil.
Partout où je voys, mon recueil
Est si piteux, et mon actente.
Qui veult, etc.
D'en avoir, etc.
Que j'aye ung petit bon accueil Au commancement de ma vante, Et puis après, se jamais hante.
Amours, qu'on me crevé cest ueil.
Qui veult, etc.
RONDEL
Ad ce premier jour de l'année.
De cueur, de corps et quanque j'ay,
Priveement estreneray;
Ce qui me gist en ma pensée,
C'est chose que tendray cellée.
Et que point ne descouvreray.
Ad ce premier, etc.
De cueur, etc.
Avant que soit toute passée
yGooQle
PoésiKS DR CHAHLRS I>'oRL14NS.
L'année, je Taproucheray,
Et puis à loisir conteray
L'ennuy qu'ay, quant m'est eslongnée. 1
Ad ce premier, etc. [