SUR L'EXPANSION
A AXC GARBEIRON.
Épanche dans mon sein ta joie et tes angoisses. Mon cœur a tant souffert lorsque le tien soujffrait
Que tu l'attristes et le froisses
Quand tu lui caches un secret.
Il est , clos à l'œil de l'envie , Au fond du cœur un nid obscur.
L'homme y cache ce que sa vie A de plus triste et de plus pur.
Là , se trouvent nos rêveries Les plus blanches , les plus chéries , L'amour brisé , l'espoir déçu ; Là , le baume que Dieu possède
Et qu'il verse à qui l'intercédé Nous alimente à notre insu.
Eh bien ! parfois , bien-aimé frère 1 L'invisible esprit du Seigneur Vient visiter ce sanctuaire , Où nous couvons notre bonheur.
Et quand il trouve le calice Trop plein de maux ou de délice Et prêt à verser par les bords, Il parle au cœur, le cœur devine , Et l'expansion , clef divine , Laisse envoler tous ces trésors.
Épanche tes vertus, ces fleurs que tu cultives Avec un soin si tendre , un si profond amour, Car il faut à ces sensitives L'ombre et le soleil tour à tour.
Epanche ta jeunesse. En elle Dieu fait vibrer la grande voix , La muse ardente et solennelle Qui gémit et chante à la fois.
C'est la mélodie inconnue Qui de l'infini t'est venue Comme un bel ange au nimbe d'or; C'est l'inexorable sibylle Qui vient à la langue nubile Demander sans cesse un essor.
L'expansion c'est, ô poète!
La Heur dont le puissant parfum