‹ Poésies de Charles PoncyChapitre 137 sur 177 · SUR L'EXPANSION · texte numérisé non relu

SUR L'EXPANSION

A AXC GARBEIRON.

Épanche dans mon sein ta joie et tes angoisses. Mon cœur a tant souffert lorsque le tien soujffrait

Que tu l'attristes et le froisses

Quand tu lui caches un secret.

Il est , clos à l'œil de l'envie , Au fond du cœur un nid obscur.

L'homme y cache ce que sa vie A de plus triste et de plus pur.

Là , se trouvent nos rêveries Les plus blanches , les plus chéries , L'amour brisé , l'espoir déçu ; Là , le baume que Dieu possède

Et qu'il verse à qui l'intercédé Nous alimente à notre insu.

Eh bien ! parfois , bien-aimé frère 1 L'invisible esprit du Seigneur Vient visiter ce sanctuaire , Où nous couvons notre bonheur.

Et quand il trouve le calice Trop plein de maux ou de délice Et prêt à verser par les bords, Il parle au cœur, le cœur devine , Et l'expansion , clef divine , Laisse envoler tous ces trésors.

Épanche tes vertus, ces fleurs que tu cultives Avec un soin si tendre , un si profond amour, Car il faut à ces sensitives L'ombre et le soleil tour à tour.

Epanche ta jeunesse. En elle Dieu fait vibrer la grande voix , La muse ardente et solennelle Qui gémit et chante à la fois.

C'est la mélodie inconnue Qui de l'infini t'est venue Comme un bel ange au nimbe d'or; C'est l'inexorable sibylle Qui vient à la langue nubile Demander sans cesse un essor.

L'expansion c'est, ô poète!

La Heur dont le puissant parfum

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