XXXIV NOTICE
tion de son second volume de poésies , le Chantier.
Tous ces succès , toutes ces nobles amitiés lui sont venus de loin, sans qu'il songeât à quitter le rivage dont le bruit l'a bercé, ni les bastides dont il aide à élever les murs et les toits écaillés de briques aux diverses couleurs.
Un jour, on l'enlève à ce rivage, à ces travaux, on le transporte sur un navire, courrier à vapeur, la machine chauffe, ils partent. C'étaient les marins qui emportaient leur poëte, qui voulaient lui montrer dans son étendue la mer, dont il n'avait vu encore que les bords , et cette vieille partie du monde vers laquelle le souvenir des peintures bibliques et l'enthousiasme de notre conquête moderne le poussaient. Il arrive à Alger; on lui fait les honneurs de l'Afrique ; on l'embarque à bord des chameaux , où il a le mal de mer ; on lui fait traverser des plaines, des montagnes et entrevoir quelque chose du désert. Ce ciel est bien pur, ce soleil bien ardent, cette mer bien puissante et bien courroucée; mais ce ne sont là ni le ciel , ni le soleil , ni la mer à lui , ou plutôt il ne les voit plus par le même coin ; et le voilà qui revient bien vite à ce coin natal, emportant dans son âme la riche, l'éternelle semence intellectuelle, que dans sa route il a recueillie.
Les quatre pièces intitulées : Ishj et Mogador, une IS'uil sur r Atlas, Couchant du Soleil sur les Tombes de la Milidjcah , l'Afrique dans cent ans , sont dues à ce voyage; elles portent en elles, toutes les quatre,