‹ Poésies de Charles PoncyChapitre 144 sur 177 · SOMMEIL · texte numérisé non relu

SOMMEIL

Viens sur mon sein, ma jeune bien-aimée; Sur ce vivant oreiller, viens dormir !

Sous le contact de ta tête embaumée , Ne sens-tu pas ma poitrine calmée S'épanouir?

C'est que ton souffle a bien plus d'harmonie Qu'un vent d'été glissant au front des bois ; C'est que les chants d'un sublime génie N'égalent pas, pour moi, ta voix bénie, Ta douce voix.

Comme les fleurs qui penchent leurs corolle? Sur d'autres Heurs , je me penche sur toi ;

Et je te dis de si tendres paroles ! . . . Car mon amour craint que tu ne t'envoles D'auprès de moi.

Tu pourrais bien t'enfuir vers cette sphère Que tu quittas , peut-être avec regrets. Je t'en conjure, oh! reste sur la terre, Reste , ou bientôt éperdu , solitaire , Je te suivrais.

Ou, si tu veux aux plaines éternelles T'en retourner, songe que j'ai ta foi.

Dérobons-nous aux angoisses mortelles, Ange du ciel, et dans tes blanches ailes. Emporte-moi.

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