‹ Poésies de Charles PoncyChapitre 164 sur 177 · JNFLUEINCE DU TABAC SUR MA POÉSIE · texte numérisé non relu

JNFLUEINCE DU TABAC SUR MA POÉSIE

Lorsque je veux philosopher, Ma pij)e me fournit de fécondes images; Et je me perds dans des nuages, Où d'autres pourraient étouffer.

Quand j'improvise des bhicttes, Comme il ne faut alors qu'cfflcmrer le sujet , Elles sortent, en un seul jet, De mes piquantes cigarettes.

Quand je peins les rocs de granit, La mer qui les étreint, le soleil et la brume.

INFLUENCE DU TABAC SUR MA POÉSIE. 40r^

C'est le cigare que j'allume, Et la pièce avec lui finit.

Ainsi le tabac s'associe A tout ce que je fais, et quand quelque douleur Glace mon esprit, sa chaleur Ranime encor ma poésie.

Quand l'hiver ramène les froids , La pipe , dont mes yeux suivent les flots magiques , A pour moi des douceurs physiques :

J'y chauffe ma bouche et mes doigts.

Quand le tabac de la Havane M'entoure de ses flots, je crois voir, dans les airs, Le Nouveau-Monde et ses déserts , Et les serpents de la savanne.

En fumant celui du Levant , Je vois des minarets, chevelures des villes. Qui, fatigués d'être immobiles.

Se balancent au gré du vent.

Malte , la Corse , l'Algérie , Viennent se dessiner à travers ces flots bruns , Et je respire leurs parfums Dans ceux de ma pipe chérie.

Ainsi, contemplant tour à tour Les différents pays qui s'offrent à ma vue, Je passe le monde en revue Sans voyager, et dans un jour! . . .

Oh! je voudrais, ma vieille pipe, Fondre dans ton creuset toutes mes passions, Et saisir ces illusions Que ta vapeur crée et dissipe . . .

Mais , hélas ! comme tes tlots bleus , Les songes de bonheur n'ont qu'un cours éphémère Une moitié tombe en poussière , Et l'autre s'enfuit dans les cieux !

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