A TOULON
Salut à loi, Toulon, qui giaiulis à chaque heure! Sahit à mon pays qu'un vent prospère effleure ! L'or, déserteur des bords qu'oppriment les frimas , Pleut avec tes produits sur tes terres fécondes , Et ta mère , la mer, t'apporte sur ses ondes Les trésors de tous les climats.
Un voile ténébreux pèse sur ta naissance ;
Et l'infatigable science N'a pu le soulever, malgré son long effort. Lorsque sa mâle voix interroge nos rives, Le doute répond seul. Ces vivantes archives
Sont muettes comme la mort.
C'cfit que nul ne connaît le destin des royaumes.
C'est que Thumble chalet, où vivent quelques hommes,
D'un opulent rivage est souvent le berceau;
Tandis que des cités solidement bâties
iNe laissent pas, aux bords qui les ont englouties,
Assez de leurs débris pour construire un hameau.
Ton avenir n'a plus de bornes présumables. Le beau soleil qui luit sur tes rives aimables
Fait envie au séjour des rois.
Tes quais, dont l'eau jadis occupait la surface. Pour les miUe vaisseaux qui t'y demandent place
Deviennent toujours plus étroits.
Echelonnant tes bords de solides jetées, Tu domptes le courroux des vagues irritées.
Tu fais surgir des ports marchands Sur de fangeux marais que les flots venaient mordre ; Et tes mille ouvriers transforment, à ton ordre,
Les champs en mer, les mers en champs.
De splendides bazars naissent dans chaque rue.
Et de tes visiteurs la foule s'est accrue.
Le bruit des ateliers aux marches des tambours
Se mêle. Tu bâtis, tu t'embellis, tu forges.
Et dans tes environs, tous les jours, tu regorges
Des habitants qui vont agrandir tes faubourgs.
Tes vaisseaux sont chargés des enfants de l'Alsace Que, de leur sol ingrat, la misère au loin chasse. Pauvres oiseaux, qui vont, loin de leurs nids natals, Demander, pour leur vie, aux plaines africaines