A TOULON
Le pain que leurs sillons refusent à leurs peines; Et, peut-être, servir de pâture aux chacals.
Oh! que j'aime, Toulon, ta rade et tes collines! Tes pavillons flottants au bout des briganlines Comme autant d'arcs-en-ciel ; tes vastes arsenaux ; Ton escadre ; et tes forts qui , sombres sentinelles , Roulent, pour te garder, ainsi que des prunelles. Le bronze des canons dans l'œil noir des créneaux !
J'aime, quand le soleil pénètre dans tes ondes, A suivre de leurs flots les courses vagabondes. J'aime à les voir mourir, en murmurant, au bord. Où, parmi les rochers qui pavent les rivages, On dirait que la lune , en perçant les nuages , Fait pleuvoir des étoiles d'or.
Sur le groupe de toits qui dans ton sein fourmille , J'aime à chercher celui qu'habite ma famille. Là. . . j'aime à caresser un tendre souvenir : Un poëme inédit d'amour et de jeunesse , Une fleur qu'en mon sein je cache avec ivresse Et que rien n'y saurait ternir!
Mais je chéris surtout , ù ma cité natale !
Les parfums que ta mer exhale ; Les obus , les boulets entassés dans tes parcs ; Ta tête de maisons , dans nos monts encadrée ; Ta robe de flots bleus, de navires tigrée;
Et ton écharpe de remparts.
liOinADK
A quoi bon, chaque jour, niY'lourdir les oreilles,
Et, me vantant Paris et ses rares merveilles,
Dire : Ce n'est que là qu'on peut se faire un nom?
Vous perdez votre temps ; je vous ai dit que non !
Je ne quitterai pas l'océan qui m'inspire;
Ni mon ciel , au constant et lumineux sourire.
Je suis très-bien ici. Les pauvres ouvriers
M'apportent, tous les ans, un rameau de lauriers
Dont le prix est, pour moi, plus doux que la couronne
Que la reine du monde à ses poètes donne !
Trouverai-je à Paris la foret de vaisseaux
Dont les mais, jiis([u'an ciel, s'élancent en faisceaux?
BOUTADE. lo
M'y rendrez- VOUS le chant de mes cloches natales,
Le palmier, l'olivier, les brunes proven(,'ales?
Non, n'est-ce pas? Eh bien! laissez-moi mon chantiei-,
Mon marteau destructeur, l'honneur de mon métier;
Laissez-moi mes amis; laissez-moi, pour théâtre.
L'étagère grotesque, et son tapis de plâtre;
Car, si vous revenez me parler du bonheur
Que peuvent procurer l'aisance et la grandeur,
Je me retrancherai derrière ce principe :
Une vierge d'amour, ma truelle, et ma pipe.
MON U OC HEU El LA YOLE.
Je sais, sous le Cap-Brun, une charmante roche. J'éprouve un doux plaisir chaque fois que j'approche De son herceau de pierre, où j'aime à nie cacher. J'ai, pareil au Gamoëns, ma grotte poélitjuo, D'où je vois les vaisseaux cingler vers l'Atlantique Et l'écume des flots neiger sur mon rocher.
Je vois la mer. Souvent, comme une jeune l'ennne, Elle semble gémir d'une amoureuse flamme. Son sein d'azur palpite aux baisers des zé])hyrs. Mais les zéphyrs s'en vont, et les vagues si Ih'IIcs,