LE PÉCHEUR A SA NACELLE
Glisse , glisse turtive Le long de cette rive ,
Où tout s'endort !
Telle qu'une hirondelle, Ma coquette nacelle ,
Rase le bord.
Et sois toujours docile A l'aviron habile
Qui te conduit :
Car la plage est profonde , Et nuit et jour sur l'onde
La mort nous suit.
Salue, en passant, l'anse Oii je plonge en silence
Mes blonds fdets , Où, parmi l'algue fraîche, Je recueille ma pêche
Sur les galets.
C'est cette anse tranquille Que forme une presqu'île
Blanche de sel , C'est elle qui t'abrite Lorsque la mer s'irrite
Contre le ciel.
Un soir, esquif que j'aime, Soir d'ivresse suprême
Déjà bien loin !
Seul , dans cette anse sombre , De nos baisers sans nombre
Tu fus témoin.
Oh î quelle peur charmante Agitait mon amante ,
Lorsque la voix Du vent qui tend l'écoute.
Disait : Je vous écoute
Kt je vous vois!. ..