‹ Poésies de Charles PoncyChapitre 26 sur 177 · A M- DE B · texte numérisé non relu

A M- DE B

SOL VENIR niN VOYAGE A MARSEILLE, A BORD DE LfGF/'Tr.S.

Pendant que VEgyptus nous emportait, Madame,

Sur ses ailes de fer que fait voler la flamme ;

Que la mer nous chantait ses hymnes les plus doux ,

Et que , pour préserver votre adoré visage

Des baisers du soleil , les vagues , au passage ,

Tendaient leur frais manteau de neige à vos genoux :

Comme aux pas du printemps s'attache l'hirondelle ,

Ma prunelle suivait votre douce prunelle

Qui comptait les splendeurs dont nos bords sont couverts;

Mais quand votre paupière à ces splendeurs fut close.

Ma sainte rêverie, avec la vôtre éclose.

S'endormit, comme vous, au bercement des mers.

Aujourd'hui, sous le prisme éblouissant du rcve,

Je revois les conlours de cette blonde grève,

Ses vieux rochers pelés, volcaniques éclats

Où Dieu sème des fleurs aux sauvages arômes ,

On la mer chante et rit, où chaque jour les hommes

Pour vivre auprès des Ilots bâtissent des villas.

Je les revois toujours ces somptueuses roches,

Du grand pinceau de Dieu colossales ébauches !

Ces ilôts allaités par l'écume des mers ,

Et ces arbres riants, au feuillage qui tremble,

Sur votre front charmant secouant tous ensemble

Leurs parfums , leurs amours , leurs fruits et leurs concerts.

Je vois le profil grec du Sicier qui protège Saint-Nazaire aux toits gris, aux façades de neige, La Ciotat dont le golfe au cœur souffle l'effroi , Cassis aux vins aimés, aux collines cendrées, Et Marseille, du haut des grèves azurées, Regardant l'Océan son esclave et son roi !

Mais à tous ces tableaux heureux et grandioses , A tous les souvenirs de ces divines choses , Des collines , du ciel , de l'océan doré , Un souvenir plus doux dans mon cœur se marie : C'est vous, vous qui, pareille à la vierge Marie, Pressiez, sur votre sein, voire enfant adoré.

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