POISSON VOLANT
Quand le soleil d'été dans les ondes pénètre, Le poisson, haletant, pour respirer notre air, Parfois vole au-dessus du flot qui le voit naître ; Mais son poids, tout à coup, le replonge à la mer.
Ainsi quand nous souffrons , les ailes d'or du rêve , Pour apaiser nos maux, nous transportent au ciel; Mais de ce paradis , où notre âme s'élève , Nous retombons soudain dans ce monde de fiel.
MATliNÉE i:i\ KADE
Depuis que l'aurore étinwelle, Je l'attends dans notre nacelle , ( ) la plus fraîche des beautés ! Déjà la matinale lame T'appelait , ainsi que mon âme ; Kmbarque-toi : la svelle rame S'impatiente à nos côtés . . .
La Ijarque indolente côtoie
La falaise où le flot ondoie.
Vents, taisez-vous! silence, flôls!
La jeune fille que j'adore
A ses concerts prélude encore :
Elle va célébrer l'aurore
Et le réveil des matelots.
(;il.\>T DE DÉSIRÉE.
« Je te salue , aube naissante !
Tu rougis la mer caressante , Et tu viens , pourpre de plaisir.
Annoncer que le roi du monde Dont la vaste clarté t'inonde, Pour féconder la terre et l'onde Sous notre ciel va revenir.
« La lune à l'occideat s'efface.,^ Le soleil , son époux , la chasse En prenant son royal essor.
Ces blanches et froides rosées Dont, le malin, sont arrosées Nos fleurs aux couj)es irisées, Ce sont les pleurs de ses yeux d'or
« Voici <pie l'oiseau maritime