A GEORGE SAND
Tout ce qui peut sonder la sublime agonie Qu'à l'aspect de nos maux ta belle âme ressent,
Doit un hommage à ton génie.
Celui que ma voix t'offre est éclos , George Sand , Parmi les chants marins que la mer me récite. Longtemps mon jeune cœur te l'adressa tacite : Puisse-t-il en cédant au transport qui l'excite ,
Te le peindre comme il le sent.
Bien que je sois marqué du sceau de l'indigeiRe, Désertant aujourd'hui ma chère obscurité,
J'ose, sûr de Ion indulgence, T'aborder sur les flots de ta célébrité. Je sais que l'avenir dans ton âme fermente , Qu'à des fleuves divins ta lèvre s'alimente , Et que tout cœur battu par l'humaine tourmente
Sous ton amour est abrité.
Aussi lorsque le front du ciel s'étoile et semble Remplir le monde entier de sa sérénité ;
Quand nos flots se fondent ensemble , Symbole grand et pur de la fraternité ; Lorsque l'astre des nuits répand ses lueurs molles Sur la grève des bords échelonnés de môles : Je murmure ton nom , prophète qui t'immoles
Au bonheur de l'humanité.
Et là, tous les parfums de la plage marine, Tous ces hymnes d'amour qu'on ne peut définir,
Au fond de ma jeune poitrine Comme en un encensoir viennent se réunir. Et je leur dis : « Partez, voix aux notes légères, Frais parfums apportés des rives étrangères , Allez , sur l'aile d'or des brises messagères ,
La parfumer et la bénir. »
0 mère de mon cccur! je voudrais que tu visses , Au lieu de ce Paris tout gangrené de \ices, Ce Paris dont j'ai peur, ce superbe bourreau De Gilbert, de Lebras, d'Escousse et de Moreau,