VENDREDI SAINT
Océan , le Christ meurt , et le bruit de ton onde Qui rampe aux bases de Técueil , Est triste comme le cercueil,
Sombre comme la nuit qui va couvrir le monde.
De tes mille vaisseaux , noir et mobile essaim , Les longues vergues , les antennes , Comme la croix, sont en pantennes.
Et la voix du Seigneur déchire encor ton sein.
Pleure, pleure, Océan! à les hymnes funèbres Je joindrai mes lugubres chants;
Pleure avec les monts et les champs , Avec les cicux voilés de muettes ténèbres.
Dans tes flots le soleil a plongé son flambeau , Et je crois voir, du fond des plages , Les marins morts dans les naufrages ,
Sortir ressuscites de ton large tombeau.