‹ Poésies de Charles PoncyChapitre 63 sur 177 · VENDREDI SAINT · texte numérisé non relu

VENDREDI SAINT

Océan , le Christ meurt , et le bruit de ton onde Qui rampe aux bases de Técueil , Est triste comme le cercueil,

Sombre comme la nuit qui va couvrir le monde.

De tes mille vaisseaux , noir et mobile essaim , Les longues vergues , les antennes , Comme la croix, sont en pantennes.

Et la voix du Seigneur déchire encor ton sein.

Pleure, pleure, Océan! à les hymnes funèbres Je joindrai mes lugubres chants;

Pleure avec les monts et les champs , Avec les cicux voilés de muettes ténèbres.

Dans tes flots le soleil a plongé son flambeau , Et je crois voir, du fond des plages , Les marins morts dans les naufrages ,

Sortir ressuscites de ton large tombeau.

Page 1