‹ Poésies de Charles PoncyChapitre 64 sur 177 · LE FORÇAT · texte numérisé non relu

LE FORÇAT

Regardez ce forçat sur la poulre équarrie Poser son sein hâlé, que le remords carie.

Du crime , dont il se repent , Se retrace à ses yeux l'accablante peinture ;

Et, de son pied à sa ceinture, La chaîne qui l'étreint monte comme un serpent.

Si son âme pour moi devenait expansive ! Si je pouvais scruter, dans sa tête pensive ,

Ce remords, pour toujours ancré :

Et vous dire les maux que joint sa flétrissure

A la profonde meurtrissure Uu'offre son corps hideux par ses fers échancré !

Mais il semble combatlre un feu qui le dévore : Sa casaque a trempé dans le sang du Centaure !

Et, par un mouvement subit, Aux cris de l'argousin dont la colère éclate ,

Son front brun devient écarlate

Comme son écarlate habit.

Au travail, le cancer du remords l'accompagne.

11 revient plus ardent à sa rentrée au bagne. El , sur ses rares cheveux gris , Son bonnet couleur de feu pèse ;

Et son vêtement rouge, ainsi qu'une fournaise,

Consume lentement ses membres amaigris!

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