‹ Poésies de Charles PoncyChapitre 65 sur 177 · LE FORÇAT POITRINAIRE · texte numérisé non relu

LE FORÇAT POITRINAIRE

Mes compagnons , dont le malheur se joue , Interrogeant la pâleur de ma joue, Me répétaient : « Tu traînes bien tes pas! » Ils me disaient : a Tu te meurs poitrinaire! » Moi, qui voulais revoir mon village et mon père. Je savais bien que je ne mourrais pas.

Demain , demain , l'argousin me déferre ; Demain j'irai, libre, pur et content,

Revoir mon village et mon père !

Demain la liberté m'attend.

Demain , adieu les bagnes et la chaîne ! J'étais mourant : la liberté prochaine A, de mes jours, rallumé le flambeau.

Demain , à moi les baisers de mon père , Mon pays , mes amis , ma natale chaumière ! Oh ! que demain le soleil sera beau !

Demain, demain, l'argousin me déferre; Demain j'irai, libre, pur et content,

Revoir mon village et mon père !

Demain la liberté m'attend!

Mais la nuit vient. Dieu ! quelle ardente brise Passe sur moi? ma poitrine se brise !

Mes compagnons devinaient donc mon sort? Un sang de feu dans mes veines circule ,* La démence rugit dans ma tête qui brûle. 0 désespoir! demain je serai mort!

Adieu, bonheur, village, amis et père!

Fermez ces bras que l'amour me tendait.

Demain je serai sous la terre :

Celait elle qui m'attendait '

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