‹ Poésies de Charles PoncyChapitre 7 sur 177 · XX NOTICE · texte numérisé non relu

XX NOTICE

dans le sable. Mais de la haute mer jusque sur la rive, toujours, par intervalles réguliers, solennels, s'élevait, se renforçait, se brisait un son plein et majestueux , qui battait comme une mesure éternelle à la vie du monde , sur notre passage d'un instant.

La voilà! m'écriai-je , voilà l'idée de l'infini, l'idée de l'éternité! Elle n'est pas dans l'étendue , elle n'est pas dans la profondeur, elle est dans le bruit de la mer, dont le flot toujours renouvelé frappe sans cesse le rivage ! Chaque mugissement de la vague marque la mort d'un homme ; et la vague mugit la nuit comme le jour, maintenant que nous passons près d'elle, et dans une heure quand nous n'y serons plus ; sur les plages désertes comme sur les rives fréquentées. Depuis quand? jusques à quand? Réponse perdue dans l'immensité !

11 y a trois choses , voyez-vous , chez nous , dans le midi, qui, à elles seules, feraient un poëte; et ce sont elles qui ont fait Poney. Trois choses mariées ensemble : la mer , le vent , le soleil.

La mer , que le vent quelquefois caresse amoureusement , promenant sur son sein un frémissement de plaisir, un mouvement dévie et des courants de fraîcheur voluptueuse; que dautres fois, comme un jaloux furieux, il saisit, il étreint jusqu'au fond de ses abî^ mes, il soulève et brise violemment contre les rochers ; ou bien (ju'il abandonne comme un infidèle, dans son ht des;il»l('. inorlo. iminobile. grande surface inanimée.

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