L' HISTOIRE
.Histoire, tu n'es plus cette muse élégante Qui soumettait Dieu même à des décrets hautains, Et qui nous le montrait, d'une plume fringante, Balançant le succès des combats incertains.
Toi que nous avons vue, injuste et provocante, Couronner les héros avec des airs mutins, Tu t'arrêtes, troublée en ta candeur piquante, Devant l'enchaînement terrible des destins.
Aujourd'hui tu pressens ta rude et noble tâche; L'immense drame humain se poursuit sans relâche, Sur chaque événement il pèse tout entier.
Lève-toi donc, déesse, et de tes orteils roses Foulant les durs cailloux d'un âpre et long sentier, Remonte lentement vers les lointaines causes.
SOXN'ETS PHILOSOPHIQUES
\~) Morale ! ô respect de la loi nécessaire ! Nous nous sommes raillés de ta diversité, Parce que tu suivais, perfectible et sincère, Dans tous ses lents progrès la faible Humanité.
Pour t'avoir vue ainsi varier sur la terre, Notre esprit contre toi souvent s'est révolté, Mère des foyers purs, ô reine salutaire, Qui nous donnes la force et la félicité !
Viens poser sur nos fronts ton joug doux et paisible. Nulle marche en avant aux peuples n'est possible Si de tes ordres saints ils n'écoutent la voix.
Tu vaux à nos cités mieux que vingt citadelles. Apprends-nous à lutter en affirmant tes droits, Pour qu'un jour sans effort nos fils te soient fidèles.