DANS LA FORÊT IO
L'âpre souffle mord Le hêtre et le tord
Sans peine, Puis s'en va, hurlant, Rendre tout tremblant
Le chêne.
Dans ces hauts abris, On dirait les cris,
Très aigres, Des mats de vaisseaux, Qui sont sur les eaux
Si maigres.
Les sombres taillis Sont tous assaillis,
O lutte!
Par des vents diserts, Y jouant des airs
De flûte.
Doux, tendres, puissants, Les bruits incessants,
En foule, Se mêlent sans chocs.
Ainsi pleure aux rocs
La houle.
O grand univers !
Tes échos divers,
Pour l'âme, Ont la même voix :
Les gouffres, les bois,
La lame.
Que nous disent-ils
Dans leurs chœurs subtils?
Qu'importe !
Ce n'est qu'un vain bruit, Et le vent qui fuit
L'emporte.