‹ Poésies de Daniel LesueurChapitre 31 sur 85 · DANS LA FORÊT IO · texte numérisé non relu

DANS LA FORÊT IO

L'âpre souffle mord Le hêtre et le tord

Sans peine, Puis s'en va, hurlant, Rendre tout tremblant

Le chêne.

Dans ces hauts abris, On dirait les cris,

Très aigres, Des mats de vaisseaux, Qui sont sur les eaux

Si maigres.

Les sombres taillis Sont tous assaillis,

O lutte!

Par des vents diserts, Y jouant des airs

De flûte.

Doux, tendres, puissants, Les bruits incessants,

En foule, Se mêlent sans chocs.

Ainsi pleure aux rocs

La houle.

O grand univers !

Tes échos divers,

Pour l'âme, Ont la même voix :

Les gouffres, les bois,

La lame.

Que nous disent-ils

Dans leurs chœurs subtils?

Qu'importe !

Ce n'est qu'un vain bruit, Et le vent qui fuit

L'emporte.

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