A LECONTE DE LISLE
Mais l'ame qu'enchanta leur ivresse profonde Voit, sous la majesté des impassibles vers, Palpiter l'idéal invincible du monde Et ruisseler les pleurs de ce vieil univers.
Août 1890.
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IN ous avons, tous les deux, dit plus d'une folie,
Ce soir, dans les sentiers étroits pour nos chevaux.
Nous étions égarés loin du bruyant rallye,
Et vous me racontiez votre mélancolie
De l'accent pénétré que prennent les dévots.
Et je me défendais, par ma gaîté railleuse, De comprendre trop bien vos douces oraisons. Vous m'aviez fait quitter notre bande joyeuse Par un galop sournois dans la forêt ombreuse, Et le soleil quittait les hautes frondaisons.
Le long du chemin creux, tout rouge de bruyère, Nous allions maintenant, rapprochés, pas à pas. Sous les massifs profonds défaillait la lumière, Et le recueillement de la nature entière Nous fit, sans y songer, soudain parler tout bas.