‹ Poésies de Daniel LesueurChapitre 35 sur 85 · PAYSAGE DE MAI · texte numérisé non relu

PAYSAGE DE MAI

Le sentier poudreux se dessine, Courbé par un bouquet de bois.

On sent un parfum d'aubépine, On entend bruire des voix.

Et la campagne est solitaire; Ce chaud paysage d'été Est plein du rêve et du mystère De quelque monde inhabité.

Dans sa demeure close et fraîche, Le paysan, les membres las, Fuit un instant l'haleine sèche Qui flétrit les derniers lilas.

Mais parmi l'herbe déliée Où commence le sillon noir, Une charrue est oubliée :

Voici la vie et le devoir.

Il6 SOUVENIRS

T^YSlAGE eD'OCTO'B%E

Octobre finit : dans l'allée, La couronne de la forêt, Jaunie et flétrie, est foulée Sous le pied du passant distrait.

A cette parure enlaidie, Dépouille des beaux jours défunts, Par moments la brise tiédie Vient dérober d'acres parfums.

Dans la plaine, où flotte et se pose Un touchant et dernier rayon, Le laboureur grave dispose La charrue au bout du sillon.

Sur un peuplier, malgré l'heure, Des feuilles frémissent encor; Un soleil pâle les effleure, Et l'on dirait un arbre d'or.

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