PAYSAGE D OCTOBRE
Les vignes courent, avalanches, Du haut des coteaux jusqu'en bas, Et dressent dans les brumes blanches Leurs milliers de noirs échalas.
Au loin passe une silhouette Au mouvement discret et lent :
C'est un chasseur, dont le chien guette Le lièvre en son gite tremblant.
Les prés, que l'humidité ronge Et colore d'un brun sanguin, Portent en ligne qui s'allonge Les meules hautes du regain.
Et, comme une àme désolée, Là-bas fuit dans le ciel profond La silencieuse volée Des hirondelles qui s'en vont.
Il8 SOUVENIRS
TfEUX VOIX
Ji quelquefois à ma fenêtre Je reste un moment à songer, Quand le jour vient de disparaître Et qu'au fond du ciel on voit naitre La blanche étoile du berger;
A cette heure calme et bénie, C'est que j'aime entendre dans l'air Monter la rumeur infinie De Paris, confuse harmonie, Semblable à celle de la mer.
Ce bruit, fondu par la distance, De tant de voix, de tant de pas, Est-ce un chant? une plainte immense' Je ne sais... J'écoute, et je pense Au flot bleu qui brise là-bas.