DEUX VOIX II
Si quelquefois sur la falaise,
En été, je reste à rêver,
Lorsque le vent du soir s'apaise
Et n'est plus qu'un souffle, qui baise
Nos cheveux sans les soulever,
C'est qu'à mes pieds l'Océan gronde, Éternellement agité, Et qu'au murmure de son onde Je songe à la clameur profonde Montant d'une grande cité.
Océan, que nous veux-tu dire?
Sont-ce là des hymnes, des cris?
L'âme du monde qui soupire?
Je ne sais... J'écoute, j'admire, Et je me souviens de Paris.
O vaste mer! ô ville immense!
Mes deux muses, mes deux amours,
Ne gardez jamais le silence!
Je me tais en votre présence,
Mais vous, pour moi, parlez toujours !