SOUFFLES D ORAGE
Ma vie, ainsi je l'ai comprise :
Chemin hardi, falaise en fleur, Puis, troublant mon âme surprise,
La rude brise
De la douleur.
J'aime cette haleine sauvage, Que rien ne saurait apaiser, Et qui souvent sur mon visage
Pose avec rage
Son froid baiser.
Je me sens grandir dans la lutte.
O vent glacé ! tu peux rugir :
Ce front, à ta fureur en butte,
De nulle chute
Ne doit rougir.
Mon pied est sûr et je m'élève ;
Je vois reculer l'horizon...
Et j'ai, pour ce combat sans trêve,
Quitté ma grève
Et ma maison.
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CELUI OU CELLE OUI VIEcKfD%^l
A loi, petite Georgetle, quelques jours avant ta naissance.
1 01 qui vas naître, enfant, fragile et douce chose, Aube qui n'as point lui, fleur qui n'es point éclose,
Incertain et charmant trésor, A ton éveil, je veux que mes rimes fidèles Palpitent sur ton front avec des frissons d'ailes,
Comme un essaim d'abeilles d'or.
Hélas! elles n'ont pas le pouvoir de ces fées Qui paraissaient soudain, d'une étoile coiffées,
Aux jours fabuleux d'autrefois, Et qui, d'un geste lent de leurs mains gracieuses, Faisaient pleuvoir en dons leurs faveurs précieuses
Sur les berceaux des fils de rois.