‹ Poésies de F. AncelotChapitre 16 sur 67 · EY.MERI · texte numérisé non relu

EY.MERI

Puis-je le croire, ô ciel? Vous ! accuser la reine !

LUXEIIL.

Les lois vont la juger, et sa mort est prochaine.

EYMERI.

Qu'entends-je? Quel langage! et quel horrible espoir!

LUXEUIL

Je vais sur son tombeau ressaisir mon pouvoir.

EYMERI.

Mais vous qui l'accusez, croyez-vous à son crime?

LUXEUIL

J'ai vu mourir le prince !

EYMERI.

Est-il mort sa victime?

LUXEUIL

Montils'...

id MAHIE l)K un A H AN I.

KV.MKUI.

AU! pardonnez'. Mais ce double trépas...

lAXElIL.

Me sauve, et t'a vengé ! Ne t'en afflige pas!

(^)uel discours! quels regards! . . . Un jour alïreux m'éclaire!

Mon lils se montrera fidèle à ma colère.

Qu'avez-vous fait"?... Je sens s'égarer ma raison : Malheureux ! savez-vous quel horrible soupçon Malgré moi, tout à coup, a passé dans mon âme?... Grand Dieu ! Se pourrait-il ! . . . un enfant ! une femme I . . . Qu'ai-jedit? Non, jamais I... Et vous, mon père, et vous, Prenez pitié d'un fils qui tombe à vos genoux; Vous n'êtes point coupable, il le croit, il l'espère. Sauvez-le du malheur de soupçonner son père.

Insensé, laissi'-moi î

LIXTAÎL.

KV5ii:iu.

Restez î

LLXEllL.

r.ris su[K}rnu;

Adie«i î

CHAM glATHlKMh. 4"

KVMKP.I.

Vous lo voulez? Je n'interroge [\\u>:

Je ne percerai point ce funeste mystère , J'abjure mes soupçons, et je saurai me taire, Oui!... Mais écoutez-moi, nous sommes sans témoins, Justifiez la reine, il le faut! Que du moins L'innocence par vous à l'échafaud ravie...

lixkul.

Son orgueilleux pouvoir a condamné sa vie.

EVMEIU.

Kt je le souffrirais î L'avez-vous pu penser '.'

H \KIIL.

Sa mort est nécessaire.

KV.MEIW.

Il y faut renoncer î

U XKIIL.

Imprudent 1

EVMErU.

C'est moi, moi qui prendrai sa défense !

Ll XEIIL.

Ton audace m'irrite, et ton aspect m'offense ; Va-l'en !

EVMERI.

Je préviendrai vos projets inhumains:

-iS MAUIK DE rjRAlîANT.

.le ne vous (luilte plus 1 Oui, mon piM'e, vos mains Sous ses pas vainement creusèrent un al)ime...

LIXEIIL.

Que veux-tu, malheureux !

KVMKRI.

Vous épargner un crime !

LlXElIL.

Ail ! j'ai trop écouté tes discours insultants ; Fuis !

F.VMERI.

Vous la sauverez, mon père!

i.i xp:riL.

11 n'est plus temps!

EVMERI.

Dieu, la vertu, l'honneur vous parlent par ma bouche, Ne me repoussez pas ; que ma douleur vous touche : Voyez, voyez mes pleurs!... Vous vous taisez? Eh bien, Tout couvert de mon sang baignez-vous dans le sien ! Je suis son défenseur; frappez ! Qui vous arrête?..^ Entre elle et ses bourreaux j'irai placer ma tète ; Frappez ! Je puis encor l'arracher au trépas. Frappez, dis-je, ou je cours...

LlXElIL

Tu ne sortiras pas !

Page 1