EY.MERI
Puis-je le croire, ô ciel? Vous ! accuser la reine !
LUXEIIL.
Les lois vont la juger, et sa mort est prochaine.
EYMERI.
Qu'entends-je? Quel langage! et quel horrible espoir!
LUXEUIL
Je vais sur son tombeau ressaisir mon pouvoir.
EYMERI.
Mais vous qui l'accusez, croyez-vous à son crime?
LUXEUIL
J'ai vu mourir le prince !
EYMERI.
Est-il mort sa victime?
LUXEUIL
Montils'...
id MAHIE l)K un A H AN I.
KV.MKUI.
AU! pardonnez'. Mais ce double trépas...
lAXElIL.
Me sauve, et t'a vengé ! Ne t'en afflige pas!
(^)uel discours! quels regards! . . . Un jour alïreux m'éclaire!
Mon lils se montrera fidèle à ma colère.
Qu'avez-vous fait"?... Je sens s'égarer ma raison : Malheureux ! savez-vous quel horrible soupçon Malgré moi, tout à coup, a passé dans mon âme?... Grand Dieu ! Se pourrait-il ! . . . un enfant ! une femme I . . . Qu'ai-jedit? Non, jamais I... Et vous, mon père, et vous, Prenez pitié d'un fils qui tombe à vos genoux; Vous n'êtes point coupable, il le croit, il l'espère. Sauvez-le du malheur de soupçonner son père.
Insensé, laissi'-moi î
LIXTAÎL.
KV5ii:iu.
Restez î
LLXEllL.
r.ris su[K}rnu;
Adie«i î
CHAM glATHlKMh. 4"
KVMKP.I.
Vous lo voulez? Je n'interroge [\\u>:
Je ne percerai point ce funeste mystère , J'abjure mes soupçons, et je saurai me taire, Oui!... Mais écoutez-moi, nous sommes sans témoins, Justifiez la reine, il le faut! Que du moins L'innocence par vous à l'échafaud ravie...
lixkul.
Son orgueilleux pouvoir a condamné sa vie.
EVMEIU.
Kt je le souffrirais î L'avez-vous pu penser '.'
H \KIIL.
Sa mort est nécessaire.
KV.MEIW.
Il y faut renoncer î
U XKIIL.
Imprudent 1
EVMErU.
C'est moi, moi qui prendrai sa défense !
Ll XEIIL.
Ton audace m'irrite, et ton aspect m'offense ; Va-l'en !
EVMERI.
Je préviendrai vos projets inhumains:
-iS MAUIK DE rjRAlîANT.
.le ne vous (luilte plus 1 Oui, mon piM'e, vos mains Sous ses pas vainement creusèrent un al)ime...
LIXEIIL.
Que veux-tu, malheureux !
KVMKRI.
Vous épargner un crime !
LlXElIL.
Ail ! j'ai trop écouté tes discours insultants ; Fuis !
F.VMERI.
Vous la sauverez, mon père!
i.i xp:riL.
11 n'est plus temps!
EVMERI.
Dieu, la vertu, l'honneur vous parlent par ma bouche, Ne me repoussez pas ; que ma douleur vous touche : Voyez, voyez mes pleurs!... Vous vous taisez? Eh bien, Tout couvert de mon sang baignez-vous dans le sien ! Je suis son défenseur; frappez ! Qui vous arrête?..^ Entre elle et ses bourreaux j'irai placer ma tète ; Frappez ! Je puis encor l'arracher au trépas. Frappez, dis-je, ou je cours...
LlXElIL
Tu ne sortiras pas !