‹ Poésies de F. MalherbeChapitre 101 sur 219 · cf \l.iv, 9 4. __ Voy. X · texte numérisé non relu

cf \l.iv, 9 4. __ Voy. X

Tirent un cœur à leur service, 1:.

Que leur souhaiter plus d'appas,

C'est vouloir avec injustice

Ce que les deux ne peuvent pas.

L'Orient, qui de leurs aïeux

Sait les titres ambitieux, 20

Donne à leur sang un avantage

Qu'on ne leur peut faire quitter,

Sans être issu du parentage,

Ou de vous, ou de Jupiter.

Tout ce qu'à façonner un corps 25

Nature assemble de trésors

Est en elles sans artifice ;

Et la force de leurs esprits,

D'où jamais n'approche le vice,

Fait encore accroître leur prix. 50

Elles souffrent bien que l'Amour

Par elles fasse chaque jour

Nouvelle preuve de ses charmes ;

Mais sitôt qu'il 1rs veut toucher,

Il reconnoit qu'il n'a point d'armes ô."»

Qu'elles ne fassent reboucher.

Loin des vaincs impressions De toutes folles passions,

15. — 'lirait, attirent. Molière a dit dans l'Étourdi, III, n :

te et sa vertu sont i!e douces amorces Qui pour lirer les cœurs ont d'incroyables forces.

ôij. — Reboucher, puni- se rebou lier, terme vieilli, se fausser, s'émousser.

La vertu leur apprend à vivre

Et dans la cour leur l'ail des lois 40

Que Diane auroit peine à suivre,

Au plus grand silence «les bois.

Une reine qui les conduit.

De tant de merveilles reluit,

Que le soleil qui tout surmonte, 45

Quand même il est plus flamboyant,

S'il étoil sensible à la honte,

Se cacheroit en la voyant.

Aussi le temps a beau courir.

Je la ferai toujours fleurir 50

Au rang des choses éternelles,

Et, non moins que les immortels,

Tant que mon dos aura des ailes.

Son image aura des autels.

Grand roi, faites-leur bon accueil ; 55

Louez leur magnanime orgueil

Que vous seul avez fait ployable,

Et vous acquerrez sagement,

Afin de me rendre croyable,

La faveur de leur jugement. 00

40. Flamboyant. D'après ce que dit Ménage, quelques puristes avaient voulu ridiculiser un sonnet de Chapelain où ce mot se trouve employé. Cependant, il est ancien dans la langue, puisqu'on le trouve, au treizième siècle, dans la Chanson d'Antioche. Vny Littré, Flamboyer, Ilist. — Ronsard, Odes, I, m :

Là, les faits de tes aïeux

Vont flambloyant comme aux cieux

Flamboyé l'aurore claire.

•loi POESIES DE F. MALHERBE.

Jusqu'ici vos faits glorieux

Peuvent avoir des envieux :

Mais quelles âmes si farouches

Oseront douter de ma foi,

Quand on verra leurs belles bouches C5

Les raconter avecque moi ?

Page 1