‹ Poésies de F. MalherbeChapitre 112 sur 219 · A MONSEIGNEUR LE DAUPHIN · texte numérisé non relu

A MONSEIGNEUR LE DAUPHIN

?ONNET AV. 1610

Que l'honneur de mon prince est cher aux destinées l Que le démon est grand qui lui sert de support, Et que visiblement un favorable sort Tient ses prospérités l'une à l'autre enchaînées!

Ses filles sont encore en leurs tendres années, 5

Et déjà leurs appas ont un charme si fort, Que les rois les plus grands du Ponant et du Nord Brûlent d'impatience après leurs hyménées.

Pensez à vous, Dauphin ; j'ai prédit en mes vers

Que le plus grand orgueil de tout cet univers 10

Quelque jour à vos pieds doit abaisser sa tête;

Mais ne vous flattez point de ces vaines douceurs : Si vous ne vous hâtez d'en faire la conquête, Vous en serez frustré par les yeux de vos sœurs.

LIV. — Ce sonnet fut imprimé pour la première fuis en 1G15, dans les Délices de la poésie française. Le dauphin, depuis Louis XIII, avait tout au plus neuf ans.

Page 1