SUR UNE ABSENCE
6 TANCES
Complices de ma servitude,
Pensers, <>ù mon inquiétude
Trouve son repus désiré, Mes fidèles amis et mes vrais secrétaires,. Ne m'abandonnez point en ces lieux solitaires ; C'est pour l'amour de vous que j'y suis retiré.
Partout ailleurs je suis en crainte.
Ma langue demeure contrainte ; Si je parle; c'est à regret ; Je pèse mes discours, je me trouble et m'étonne, 10
LV. — Imprimées, en 1 G 1 -"5 , clans les Délices de la poésie française. Malherbe, nous apprend Ménage, fit ses stances en Bourgogne pour lui-même.
4. — Mes fidèles amis, c'est ainsi que Ronsard, Amours, II, xxxv, s'adresse à ses soupirs; voy. les vers cités plus haut, XLVII, oô. — Secrétaire, est ici dans son sens propre de confident. Ménage remarque qu'il est souvent employé ainsi dans les anciens poètes français, et il cite plusieurs exemples, et entre autres celuici de Ronsard :
Vous ruisseaux, vous rochers, vous antres solitaires, Soyez de mon malheur fidelles secrétaires.
Cependant, ajoute-t-il, quand Malherbe publia ces stances, on moqua de cet endroit.
Tant j'ai pou d'assurance en la foi de personne ; Mais à vous je suis libre, et n'ai rien de secret.
Vous lisez bien en mon visage
Ce que je souffre en ce voyag<
Dont le ciel m'a voulu punir ; 15
Et savez bien aussi que je ne vous demande, Étant loin de ma daine, une grâce plus grande Que d'aimer sa mémoire et m'en entretenir.
Dites-moi donc sans artifice,
Quand je lui vouai mon service. 20
Faillis— je en mon élection ?
N'est-ce pas un objet digne d'avoir un temple, Et dont les qualités n'ont jamais eu d'exemple. Comme il n'en fut jamais de mon affection?
Au retour des saisons nouvelles, -2:;
Clioisissez les fleurs les plus belles
De qui la campagne se peint ; En trouverez-vous une où le soin de nature Ait avecque tant d'art employé sa peinture. Qu'elle soit comparable aux roses de son teint ? 50
l-2. — A vous; à exprime ici un rapport général de situation, rapport plus souvent déterminé par avec, ris-à-vis de, etc.