‹ Poésies de F. MalherbeChapitre 123 sur 219 · Belle tournure. A. Cuéxier · texte numérisé non relu

Belle tournure. A. Cuéxier

15Ô. — [Comparaison noble et précise, d'autant plus heureuse dans un poète lyrique, qu'elle rappelle Pindare, le prince des lyriques, dont Malherbe ne faisait pas grand cas. A. Cuéxier.]

ir>5-U0. — Dans toutes les éditions, cette ode se trouve suivie du fragment suivant que M. Lalanne, avec raison, a replacé parmi les variantes :

Et quand j'aurais peint ton image, Comme j'en prépare l'ouvrage, Sans doute on dira quelque jour :

Quoi que d'Apelle on nous raconte, Malherbe, pouvait, à sa honte, Achever la mère d'Amour.

Ménage, d'ailleurs, et Saint-Marc l'avaient donné comme variante. [Ce fragment parait n'être qu'une manière nouvelle de remplir l'avant-dernière strophe de l'ode précédente. Je la trouve meilleure que celle qui est restée. Il serait quelquefois à désirer que nous eussinus les brouillons des grands poètes., pour voir par combien d'échelons ils ont passé. A. Chékieb.]

Quiconque verra mon ouvrage

A-voûra que Fontainebleau,

Le Louvre, ni les Tuileries,

En leurs superbes galeries,

N'onl poinl un si riche tableau. no

Apollon à portes ouvertes

Laisse indifféremment cueillir

Les belles feuilles toujours vertes

Qui gardent les noms de vieillir ;

Hais l'art d'en faire des couronnes 145

N'est pas su de toutes personnes;

Et trois ou quatre seulement,

Au nombre desquels on me range,

Peuvent donner une louange

Qui demeure éternellement, a) fas-M*'/ a -J50 40» </> e» *±

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141. — Les Grecs, Ménage le rappelle, avaient ce proverbe : « Ouvertes sont les portes des Muses. » 145. — Éd. 1862 : « Mais l'art d'en faire les couronnes. » 150. — Après avoir relevé le sentiment superbe avec lequel Malherbe se sépare hautement de la foule des poètes et se place d'autorité dans le groupe des maîtres, Sainte-Beuve cite cette strophe (.Y. L , XIII, p. 3*5) et ajoute : « En le disant de la sorte, il nous donne à nous-même le sentiment du sublime. »

ni 2. Éternellement. En se promettant ainsi l'immortalité, Malherbe ne fait qu'obéir à une sorte de tradition poétique. Plus d'un poète du xvr siècle avait aussi paraphrasé à sa façon le mot célèbre d'Horace se vantant, à la fin du troisième livre de ses odes, d'avoir élevé « un monument plus durable que l'airain ». Lucain, dans sa Pharsale (livre IX), disait, en évoquant le souvenir de César, un des héros de son poème : « S'il est permis de promettre quelque gloire aux muses latines, aussi longtemps que l'on rendra des honneurs au poète de Smyrne, la postérité lira mes vers et les exploits : notre Pharsale vivra; les générations ne la condamneront jamais à l'oubli. »

Si quid Latiis fas est promitlere Musis, Quantum Smyrnaei durabunt vatis honores, Venturi me teque legent : Pharsalia nostra ((%in?j Vivet, et a nullo tenebris damnabitur œvo.

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