PENDANT SA RÉGENCE
Si quelque avorton de l'Envie
Ose encore lever les yeux.
Je veux bander contre sa vie
L'ire de la terre et des deux ;
Et dans les savantes oreilles 5
Verser de si douces merveilles,
29 et 30. — Comparez avec IX, 24.
LXVIII. — Cette ode, qui ne parut que clans l'édition de 1630, fut composée à l'occasion de la guerre des princes. Elle ne fut pas achevée, dit Ménage.
3. —Bander, armer. La métaphore était prise du tir de l'arc, elle se prend aujourd'hui du mécanisme de l'arme à feu.
6. — Voyez les vers d'A. Chénier, cités ci-dessus. I.XIV. Ronsard, s?adressant aux Muses, Odes, V, xn : Lors, vous m'oirez
A nos françaises aiireilles Chanter vos douces meivpilles.
POESIES DE t. MALHERBE. 215
Que ce misérable corbeau,
Comme oiseau d'augure sinistre,
Banni des rives do Caïstre,
S'aille cacher dans le tombeau. 10
Venez donc, non pas habillées, Comme on vous trouve quelquefois,
En jupes dessous les feuillées,
Dansant au silence des buis.
Venez en robes, on Ton voie IS
Dessus les ouvrages de soie
Les rayons d'or étinceler;
Et chargez de perles vos têtes,
Comme quand vous allez aux fêtes
Où les dieux vous font appeler. 20
Quand le sang bouillant en mes veine-
Me donnoit de jeunes désirs,
Tantôt vous soupiriez mes peines,
Tantôt vous chantiez mes plaisir- :
Mais aujourd'hui que mes années 2b
Vers leur fin s'en vont terminées,
Siéroit-il bien à nus écrits
D'ennuyer les races futures
9. — Banni de la région qu'habitent 1rs cygnes, c'est-à-dire banni de parmi les poêles. Quel est ce misérable corbeau? N'y a-t-il pas ici une allusion qui aurait échappé aux commentateurs? Ne viserait-il pas, dans cette strophe, quelques vers satiriques de l'époque ?