‹ Poésies de F. MalherbeChapitre 143 sur 219 · L'assassinat de Henri IV · texte numérisé non relu

L'assassinat de Henri IV

rOÉSIES DE F. MALHERBE. 219

Et quelles malices de flots, Par des murmures effroyables, A des vœux à peine payables N'obligèrent les matelots ! 10°

Qui n'ouït la voix de Bellone,

Lasse d'un repos de douze ans,

Telle que d'un foudre qui tonne,

Appeler tous ses partisans,

Et déjà les rages extrêmes, t°5

Par qui tombent les diadèmes,

Faire appréhender le retour

De ces combats dont la manie

Est l'étemelle ignominie

De Jarnac et de Moncontour ? *10

Oui ne voit encore à cette heure

Tous les infidèles cerveaux,

Dont la fortune est la meilleure,

Ne chercher que troubles nouveaux,

Et ressembler à ces fontaines «5

Dont les conduites souterraines

Passent par un plomb si gâté

Que, toujours ayant quelque tare,

Au même temps qu'on les répare,

L'eau s'enfuit d'un autre côté? «20

97. Malices, perfidies. Racine a dit, dans Esther, III, i :

Aux malices du sort enfin dérobez-vous.

D'Aubignt", Trag., Princes, a dit: « Des malices de l'air ». 115— C'est-à-dire qui ont la plus brillante fortune.

Ln paix no voit rien qui menace

De faire renaître nos pleurs :

Tout s'accorde à notre bonaee,

Les hivers nous donnent des fleurs;

Kt si Les pâles Euménides, 1-25

Pour réveiller nos parricides,

routes trois ne sortent d'enfer,

Le repos du siècle où nous sommes

V,i l'aire à la moitié des hommes

Ignorer que c'est que le fer. 130

Thémis, capitale ennemie

Des ennemis de leur devoir,

Gomme un rocher est affermie

En suri redoutable pouvoir :

Elle va d'un pas et d'un ordre 135

Où la censure n'a que mordre;

Et les luis, qui n'exceptent rien

De leur glaive et de leur balance.

Font tout perdre à la violence

Qui vont avoir plus que le sien. uo

130. — Littré : « Que se dit archaïquement pour ce que, représentant le latin neutre quod. En cet emploi, il se dit surtout avec les

verbes avoir, savoir, pouvoir, joints à ne. » Dans ce vers, ignorer est l'équivalent de ne savoir pas.

131. — II. Littré remarque que capital se place après le substantif. Il cite cependant un exemple contraire de Bossuet. Il faut y ajouter celui-ci de Malherbe.

156 — Ménage fait la réflexion assez plaisante et assez juste qu'on ne pou n'ait dire la même chose de ce vers.

157. — Excepter, mettre en dehors de. M. Littré aurait pu enregistrer ce sens, puisqu'il l'accepte pour la forme réfléchie s'excepter, en s'appuyant d'un exemple de Malherbe (XXIIÏ, 92).

140. — Le sien, substantivement, au neutre, son bien, ce qui lui appartient.

Nos champs même ont leur abondance, Hors de l'outrage des voleurs ; Los festins, les jeux et la danse En bannissent tontes douleurs.

Rien n'y gémit, rien n'y soupire; 145

Chaque Amarille a son Tityre ; Et, sons l'épaisseur des rameaux, Il n'est place où l'ombre soit bonne, Qui soir et matin ne résonne Où de voix, on de chalumeaux. 150

Puis quand ces deux grands hyménées,

Dont le fatal embrassement

Doit aplanir les Pyrénées,

Auront leur accomplissement,

Devons-nous douter qu'on ne voie, -1o5

Pour accompagner cette joie,

L'encens germer en nos buissons,

La myrrhe couler en nos rues,

11! . — [Strophe plei le grâce, el dont les images molles et

naïves contrastent d'une manière aimable et facile avec les peintures fortes qui ont prën'di'. A CII3KIER.]

145. — [Je ne sais si le cinquième vers ne serait pas plus agréable de cette manière ou de quelque autre qui eût le même sens :

C'est d'amour seul qu'on y soupire.

Le vers suivant est délicieux. A. CiiêsiEn.] Après cette allusion à deux: personnages de Virgile, Malherbe emprunte la On de sa strophe au tableau pastoral tracé dans la première églogue :

Tu, Tilyrc, lentuS in timbra,

Formosam resonare doecs Amaryllidn siKas.

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