‹ Poésies de F. MalherbeChapitre 150 sur 219 · Permanent, qui dure sans changer · texte numérisé non relu

Permanent, qui dure sans changer

LXXYI

CHANSON

Sus, debout, la merveille des belles :

Allons voir sur les herbes nouvelles Luire un émail dont la vive peinture Défend à l'art d'imiter la nature.

L'air est plein d'une haleine de roses, 5

Tous les vents tiennent leurs bouches closes,

Et le soleil semble sortir de l'onde

Pour quelque amour plus que pour luire au monde.

On diroit, à lui voir sur la tète

Ses rayons comme un chapeau de fête, 10

Qu'il s'en va suivre en si belle journée Encore un coup la fille de Pénée.

LXXYI. — Cette chanson, publiée en 1615 dans les Délices de la poésie française, fut pour la première fois réunie par Saint-Marc aux œuvres de .Malherbe.

1 et 2 — Ce début, vif et rapide, est comme dérobé à Ronsard :

Mignonne, niions voir si la rose, etc.

Voyez encore Ronsard, Odes, V, xxiv. Dans l'ode x du IVe livre, c'est sur ce ton léger qu'il s'adresse aux Muses : Sus, réveillez-vous, p,iccks!

5. — « Joli vers, tout tiède de mai, « a dit Sainte-Reuve (N. L., XIII. il 4).

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