‹ Poésies de F. MalherbeChapitre 151 sur 219 · Daphné · texte numérisé non relu

Daphné

rOÉSIES DE F. MALHERBE. 253

Toute chose aux délices conspire,

Mettez-vous en votre humeur de rire ; Les soins profonds d'où les rides nous viennent Ki A d'autres ans qu'aux vôtres appartiennent.

Il fait chaud, mais un feuillage sombre Loin du bruit nous fournira quelque ombre,

Où nous ferons, parmi les violettes,

Mépris de l'ambre et de ses cassolettes. 20

Près de nous, sur les branches voisines

Des genêts, des houx et des épines, Le rossignol, déployant ses merveilles.

Jusqu'aux rochers donnera des oreilles.

Et peut-être, à travers les fougères, 25

Verrons-nous de bergers à bergères, Sein contre sein et bouche contre bouche, Naître et finir quelque douce escarmouche.

C'est chez eux qu'Amour est à son aise ;

11 y saute, il y danse, il y baise, 50

tt foule aux pieds les contraintes serviles De tant le lois qui le gênent aux villes.

0 qu'un jour mon âme auroit de gloire

D'obtenir cette heureuse victoire, Si la pitié de mes peines passées Si

Vous disposoit à semblables pensées !

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