‹ Poésies de F. MalherbeChapitre 152 sur 219 · PRINCESSE D ' E S P A G N E · texte numérisé non relu

PRINCESSE D ' E S P A G N E

RÉCIT D'OH UEriGEn

S TANCES 1 613

Houlette de Louis, houlette de Marie, Dont le fatal appui met notre bergerie Hors du pouvoir des loups,

ôT. — Ronsard, dans la Chanson qui est au second livre des Amours :

Et nous, sous ombre d'honneur,

Le bonheur Trahissons par une crainte.

LXXVII. — Ces vers parurent d'abord en feuille volante, puis, en 1015, dans la Description du ballet de Madame, et enfin, en 1620, il m- les Délices de la poésie française. Ils furent composés pour le ballet qui fut dansé à la cour le 1U mars 1615, en l'honneur des alliances de France et d'Espagne (voyez les pièces LXII et LXlili. Louis XIII et la reine mère allaient partir pour Bordeaux chercher l'infante Anne d'Autriche et conduire madame Elisabeth au prince d'Espagne, bans ce ballet, Madame remplissait le per- - innage de l'ai las. Au milieu du ballet, un berger s'avança vers le trône du roi et de la reine et récita ces strophes. Elles étaient, au dire de Iîacan, parmi celles qu'affectionnait le poëte.

Vous placer dans les cieui on la même contrée

lies balances d'Àstrée, o

Est-ce un prix de vertu qui soit digne de vous?

Vus pénibles travaux, sans qui nos pâturages, Battus depuis cinq ans de grêles et d'orages,

S'en allaient désolés, Sont-ce pas des effets que, même en Ârcadie, 10

Quoi que la Grèce die, Les plus fameux pasteurs n'ont jamais égalés?

Voyez des bords de Loire et des bords de Garonne Jusques à ce rivage où Thétis se couronne

De bouquets d'orangers, 13

A qui ne donnez-vous une heureuse bonace,

Loin de toute menace El de maux intestins, et de maux étrangers?

Où ne voit-on la paix, comme un roc affermie,

Faire à nos Gérvons détester l'infamie 20

4. — La même contrée, pour la contrée même, selon l'usage du dix-septième siècle.

S». — La constellation de la Vierge.

11. — Litlré : « Die, pour dise, au subjonctif est un archaïsme. (Et après de nombreux exemples de Corneille, de la Fontaine, de Molière, de Racine : ) Cet archaïsme, ainsi autorisé, peut encore être conservé dans la poésie. » Alfred de Musset l'a employé dans la Chanson de Fort un iu.

Page 1