‹ Poésies de F. MalherbeChapitre 168 sur 219 · LXXXVIII A MADAME LA PRINCESSE DE CONTI · texte numérisé non relu

LXXXVIII A MADAME LA PRINCESSE DE CONTI

Race de mille rois, adorable princesse, Dont le puissant appui de faveurs m'a comblé, Si faut-il qu'à la fin j'acquitte ma promesse, El m'allège du faix dont je suis accablé.

Telle que notre siècle aujourd'hui vous regarde, 5

Merveille incomparable en toute qualité, Telle je me résous de vous bailler en garde Aux fastes éternels de la postérité.

Je sais bien quel effort cet ouvrage demande ;

Mais, si la pesanteur d'une charge si grande 10

Résiste à mon audace et me la refroidit,

Yois-je pas vos bontés à mon aide paroître, Et parler dans vos yeux un signe qui me dit Que c'est assez payer que de bien reconnoître ?

LXXXVIII. — Publié en 1620 dans les Délices de la poésie française.Le sonnet est irrégulier. Il est adressé à la princesse, pour la fille de laquelle Malherbe a composé les pièces LU et LUI.

5. — Si faut-il. il faut pourtant. Voy. Godefroy, Lexique de Corneille, II, p. ">r>-314.

10 et 11. — Ménage a bien vu qu'en employant refroidir, Malherbe ne suit pas son image; mais il n'a pas remarqué que Malherbe emploie deux fois la même image pour exprimer deux idée? exactement contraires (comp. les vers 5 et 4, 10 et M).

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