‹ Poésies de F. MalherbeChapitre 39 sur 219 · IMITÉES DE 1 \N>IM.K AL" ROI HENRI III · texte numérisé non relu

IMITÉES DE 1 \N>IM.K AL" ROI HENRI III

Ce n'est pas en mes vers qu'une amante abusée

Des appas enchanteurs d'un parjure Thésée,

Après l'honneur ravi de sa pudicité,

Laissée ingratement en un bord solitaire,

Fait de tous les assauts que la rage peut faire 5

Une fidèle preuve à l'infidélité.

IV. - Le poème de Luigi Tansillo parut à Venise en 1560; mais l'édition définitive, trës-augmentée (le poëme a 15 à 16 chants), est de 1585. L'imitation faite par Malherbe fut publiée en loST, puis en 1596 et 1598 et ensuite dans différents recueils. Sur la description des différentes éditions et sur les autres imitations qui furent faites du poëme italien voyez surtout Saint-Marc, p. 419-421 La clx* lettre de Costar à la marquise de Lavardiu est consacrée au poëme de Malherbe. Dans led. de 1862, tome I, p. 521, se trouvent les stances du Tansille imitées par le poète français. [Quoique le fond des choses soit détestable dans ce poëme, il ne faut point le mépriser. La versification en est étonnante. On y voit combien Malherbe connaissait notre langue, et était né à notre poésie; corabienson oreille était délicate et pure dans le choix et l'enchaînement de syllabes sonores et harmonieuses, et de cette musique de ses vers qu'aucun de nos poètes n'a surpassée. A. Chénilu.] Sainte-L'euve, empruntant à Ménage une très-heureuse expression, a porté le même jugement : « A part l'affectation et l'enflure, dit-il, il y a déjà dans cette œuvre de jeunesse un éclat d'images, une fermeté de style et une gravité de ton qui ne pouvait appartenir qu'à la jeunesse de Malherbe. >.

0. — Corneille, dans Cinna, IV, m, a dit, ce que blâme Voltaire : Rends un sang infidèle à l'infidélité.

Comparez avec Molière, Misanthrope, III, vu. Les oppositions ou

Los ondes que j'épands d'une éternelle veine

Dans un courage saint ont leur sainte fontaine;

Où l'amour de la terre el le soin de la chair

Aux fragiles pensers ayant ouvert la porte, 10

Une plus belle amour se rendit la plus forte,

Et le fit repentir aussitôt que pécher.

Henri, «le qui les yeux et l'image sacrée

Font un visage d'or à cette âge ferrée.

Ne refuse à mes vœux un favorable appui ; 15

Et si pour ton autel ce n'est chose assez grande,

Pense qu'il est si grand, qu'il n'auroit point d'offrande

S'il n'en recevoit point que d'égales à lui.

La foi qui fut au cœur d'où sortirent ees larmes

Est le premier essai de tes premières armes. 20

Pour qui tant d'ennemis à tes pieds abattus,

Pales ombres d'enfer, poussières de la terre,

Ont connu ta fortune, et que l'art de la guerre

A moins d'enseignements que tu n'as de vertus.

De son nom de rocher, comme d'un bon augure. 25

En éternel état l'Eglise se ligure;

Et croit, par le destin de tes ju>tes combats,

les répétitions de mots abondent dans cette pièce de Malherbe. Vov. les vers s. 20, 95, 138, 153, 165, 171», 24-2, 252,297. 5 6, 3S6.

14. — Age au féminin, comme souvent encore an commence. ment du dix-septième siècle (Littré); voy. v. 15". Partout autre part, dans ses poésies, il l'a l'ait du masculin. — Ferrée, de fer, ferreus. Ronsard ;i dit. Odes, I, \ix : « Les enclumes ferrées. »

22. — Ed. 1862 : i Poussière... » Saint-Marc remarque que toutes les éditions ayant 1650 donnent le pluriel.

Que ta main relevant son épaule courbée, Un jour, qui D'est pas loin, elle verra tombée

La troupe qui Tassant et la vent mettre bas.

Mais le coq a chanté pendant ([ne je m'arrête

A l'ombre «les huniers qui t'embrassent la tète,

El la source déjà commençant à s'ouvrir,

A lâché les ruisseaux qui l'ont bruire leur trace,

Entre tant de malheurs estimant une grâce, 35

Qu'un monarque si grand les regarde courir.

Ce miracle d'amour, ce courage invincible.

Qui n'espéroit jamais une chose possible

Que rien finit sa loi que le même trépas,

De vaillant fait couard, de fidèle fait traître, 40

Aux portes de la peur abandonne son maître.

Et jure impudemment qu'il ne le connoît pas.

A peine la parole avoit quitté sa bouche. Qu'un regret aussi prompt en son âme le touche; Et mesurant sa faute à la peine d'autrui, Voulant faire beaucoup, il ne peut davantage Que soupirer tout bas, et se mettre au visage ilSur le feu de sa honte une cendre d'ennui.

Les arcs qui de plus près sa poitrine joignirent.

Les traits qui plus avant dans le sein l'atteignirent, 50

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