XXVII
Soit que près de Seine et de Loire Il pavât les plaines de morts.
A. r.HÉNIER ]
D'Espagnols abattus la campagne pavant;
Soit qu'en sa dernière tète 5
L'Hydre civile t'arrête,
Roi, que je verrai jouir
De l'empire de la terre,
Laisse le sein de la guerre.
Et pense à te réjouir. 10
Nombre tons les succès où ta fatale main. Sous l'appui <lu bon droit aux batailles conduite, De tes peuples mutins la malice a détruite, Par un heur éloigné de tout penser humain ;
Jamais lu n'as vu journée 15
De si douce destinée ;
Non celle où tu rencontras
Sur la Dordogne en désordre
L'orgueil à qui tu fis inordre
La poussière de Coutras. 20
6. — [V Hydre civile est très-beau ; il l'a répété souvent (XX, 3-1 etCXII, 5) :
Qunnd la rébellion plus qu'une hydre féconde... Donner le dernier coup à la dernière tète. De la rébellion.
A. Cuémer.]
D'après l'Académie et l'usage le plus général, hydre est féminin en Français. Cependant les poètes font souvent ce mot du masculin. Ainsi Desportes, dans l'Élégie xiv du livre I, ce dont Malherbe l'a blâmé [Comm. p. 570) ; ainsi A. Chénier dans le Jeu de paume, vers 55G. Le féminin a pour lui l'autorité de Malherbe, de Corneille (Cinna, IV, n), de Boileau {Lutrin, IV, Go», d'André < hénier luimême [Hymnes, VII 17, p. 4iH). Toutefois les Grecs disaient également 0'ïç.o; et SJç« pour le serpent d'eau.
V. 1-2, — Sous l'appui. Voy. la très- juste remarque de M. Littré sur cette expression, dont L'emploi, dit-il, n est pas a recommander.