‹ Poésies de F. MalherbeChapitre 54 sur 219 · AV · texte numérisé non relu

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Beauté, mon beau souci, de qui l'âme incertaine A, comme l'Océan, son flux et son reflux,

73. Cette dernière slance, d'une coupe heureuse et d'un style facile, est un lieu commun poétique et philosophique. C'est toujours le fuyit irreparabile tempus de Virgile. Saint-Marc a rassemblé quelques exemples de Tibulle, de Properce, de Sénèque, du Tasse el d'autres poètes italiens. Voyez encore A. Chénier, Élégies, II, i, 5.

XII. — Ces stances parurent dans le Parnasse des plus excellents poètes 4e ce temps, 1600, mais dont quelques exemplaires sont datés, dit Saint-Marc, de 1599. Saint-Marc et M. Lalanne ontsuivi avec raison le texte du même recueil, éd. de 160", puisque Malherbe lui-même a fait des corrections aux pièces qu'il contient, ainsi que If prouvenl les stances précédentes

I Mon beau souci, c'ësl le mea cura des élégiaques latins voy. Ronsard, km., I, chanson (ap. S. LIX .) C'est encore par une

Mi POESIES DE F. MALHERBE.

Pensez de vous résoudre à soulager ma peine, On je me vais résoudre à ne la souffrir pins.

Vos yeux mit «les appas que j*aime et que je prise, 5 Et qui peuvent beaucoup dessus ma liberté : Hais pour me retenir, s'ils font cas de ma prise, il leur faul de l'amour autant que de beauté.

Quand je pense être au point que cela s'accomplisse, Quelque excuse toujours en empêche l'effet; io

C'est là toile -ans fin de la femme d'Ulysse, Dont l'ouvrage du soir au matin se défait.

Madame, avisez-y. vous perdez voire gloire

De me l'avoir promis et vous rire de moi.

S'il ne vous en souvient, vous manquez de mémoire: r,

Et, s'il vous en souvient, vous n'avez point de foi.

J'avois toujours fait compte, aimant chose si liante.

De ne m'en séparer qu'avecque le trépas;

S'il arrive autrement, ce sera votre faute,

De faire des serments et ne les tenir pas. îo

image semblable ;'i celle qu'emploie Malherbe au second ver? que Ronsard, Odes. II, wn, a dit :

L'incertaine vie de l'homme De jour en jour se roule comme Aux rives se roulent les flots.

0. — Dessus était employé comme préposition pendant toute la première partie «lu dii-septième siècle. Voy. Littré. F.t sur le? exceptions permises alors par Vaugelas, mois depuis rejètées par l'usage, \n\ Génin, Lex de Molière. Cf. la Grammaire française

. I; nier-Desmarais 171 G p 52a.

POESIES DE t. MALHERBE.

CONSOLATION A M. DU PÉRIEB

Ta douleur, du Périer, sera donc éternelle!

El 1<> tristes discours, Que te mot en l'esprit l'amitié paternelle,

L'augmenteront toujours?

Le malheur de ta fille au tombeau descendue,

Par un commun trépas, Est-ce quelque dédale, où ta raison perdue

.Ne se retrouve pas?

N.11I. — Ces stances furent publiées pour la première, fois dans le Parnasse des plus excellents poêles de ce temps (1607) ; niais Saint-Marc a eu communication, parHuet, des variantes d'unepremiére édition qui avait, disait-il, paru en feuille volante. Le texte de 1607 mérite seul de vivre. Ménage a donné quelques renseignements sur la famille de ce François du Périer, un des plus beaux esprits de -ou temps, dit-il. La mur! de sa fille, qui s'appelait Maiguérite, inspira, outre Malherbe, « tous les beaux esprits de Provence et François du Périer lui-même. » Quant à la date de celte pièce, M. Lalanne. dit avec raison qu'elle a été écrite postérieurement au mois de juin 1799, puisque Malherbe y fait allusion (65-68) à la mort de ses deux premiers enfants, Henri et Jourdaine, dont le second mourut à Caen le 25 juin de cette année.

Ces stances sont parmi les plus célèbres qu'a composées Malherbe. Cependant Sainte-Beuve remarque {Caus. du lundi, Mil, p. 99) qu'elles sont trop longues de moitié. « il aurait fallu, dit-il, un second Malherbe pour les abréger. » — « Mais il y a donné des preuves, a dit autre part le même critique (Poésie fr. au seizième siècle, 2e éd., p. 161) de celte grâce louchante qui fait généralement défaut à ses stances amoureuses. »

Je sais de quels appas sod enfance étoif pleine,

El n'ai pas entrepris, 10

Injurieux ami. de soulager ta peine Wecque son mépris.

Mais elle étoit du monde, où les plus belles choses

Ont le pire destin :

Et rose elle a vécu ce que vivent les roses, is

"> L'espace d'un matin.

Puis quand ainsi seroii que. selon ta prière.

Elle auroit obtenu D'avoir en cheveux blancs termine sa carrière.

Qu'en fût-il avenu9 20

Penses-tu que. plus vieille, en la maison céleste Elle eût eu plus d'accueil ?

1-2 — Avecque «est une ancienne forme, dit M. Littré, qui pour, rail encore être employée en poésie. » Forme fréquente dans Molière.

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