ALLANT EH LIMOUSIN
STANCES
0 Dion, dont les bontés de nos larmes touchées
Dut aux vaines fureurs les armes arrachées,
Et rangé l'insolence aux pieds de la raison,
Puisque à rien d'imparfait ta louange n'aspire,
Achève ton ouvrage au bien de cet empire, . 5
Et nous rends l'embonpoint comme la guérison.
X\. Cette pièce, composée à la demande de Henri IV, en 160u, lorsque celui-ci partait avec des troupes pour aller tenir les grands jours d'Auvergne, parut, en 1607, dans le Parnasse des plus excellents portes de ce temps. Ainsi que nous l'apprend Pellisson dans son Histoire de l'Académie française, l'Académie consacra trois mois, en 1G38, à l'examen des dix-sept premières strophes. — [Celle pièce est fort belle, pleine de dignité, de chaleur, de poésie, de sentiments nobles et patriotiques. Les pensées convenables au sujet et l'expression convenable aux pensées; personne n'a donné à notre langue plus de grâce, de fraîcheur, de nouveauté qu'on n'en trouve dans certains vers de ce po nie. A. Ciiénier.] « Quelle belle ode, a dit Sainte-Beuve, toute sincère et pleine de sens, de patriotisme et d'à-propos. »
1. — Les bontés, critiqué par l'Académie, qui aurait voulu la bonté.
3. i^s éditions jusqu'à Ménage donnaient l'innocence au lieu de l'insolenee. L'Académie ne vit pas que c'était une faute d'impression, et déclara que ce vers n'offrait pas de sens raisonnable
4. — L'Académie a critique ce vers à tort. Louange a ici le sens de gloire, comme ci-dessus, XV11I, 58.