‹ Poésies de F. MalherbeChapitre 94 sur 219 · SUR L'ABSENCE DE LA MÊME · texte numérisé non relu

SUR L'ABSENCE DE LA MÊME

SONNET

Beaux et grands bâtiments d'éternelle structure, Superbes de matière et d'ouvrages divers, Où le plus digne Toi .qui soit en l'univers Aux miracles de l'art fait céder la nature ;

Beau parc et beaux jardins, qui, dans votre clôture, îi Avez toujours des fleurs et des ombrages verts, Non sans quelque djhnon qui défend aux hivers D'en effacer jamais l'agréable peinture;

Lieux qui donnez aux cœurs tant d'aimables désirs, Bois, fontaines, canaux, si, parmi vos plaisirs, 10

•Ion humeur est chagrine et mon visage triste,

XXXVIII. — Voyez la première note de la pièce XXXIII. Ce sonnet, dit Ménage, a été fait à Fontainebleau. [Je crois que c'est le meilleur. Au reste, un bon sonnet n'a jamais eu un grand charme pour moi; c'est un genre de poésie que je n'aime point, même dans Pétrarque, et je ne sais pourquoi Despréaux l'enrichit d'une beauté suprême. A. CiiÉMEr..] C'était, de tous ses sonnets, celui qui' Malherbe préférait, au dire de Balzac, dans son XXXH' entretien.

7. — [Cépbale, dans les Filles de Minée, appelle les venls des démons dans ce vers charmant :

Venez, légers démons, par qui nos champs fleurissent. A. C;iémeb.] Voy. Ronsard) Amours, i. %sta

Ce n'est point qu'en effet vous n'ayez des appas ;

Mais quoi que vous ayez, vous n'avez point Caliste,

o*^ c<- ' Et moi je ne vois rien quand je ne la vois pa

SUR LE MÊME SUJET

Caliste, en cet exil, j'ai l'âme si gênée.

Qu'au tourment que je souffre il n'est rien de pareil ;

Et ne saurois ouïr ni raison ni conseil,

Tant je suis dépité contre ma destinée.

J'ai beau voir commencer et finir la journée, En quelque part des deux que luise le soleil, Si le plaisir me fuit, aussi fait le sommeil, Et la douleur que j'ai n'est jamais terminée.

IL — Ce sonnet aboutit à la première méditation de Lamartine :

Un seul être vous manque et tout est dépeuplé.

Ménage. Chevreau et Saint-Marc ont rapproché de ce vers de Malherbe une ëpigramme de Héléagre qui se trouve dans le XIIe livre (ép. 60) de V Anthologie palatine. Cf. Annot., p. 436, éd. Didot. Ce dernier vers du sonnet de Malherbe la traduit fidèlement.

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