‹ Poésies de Félix ArversChapitre 46 sur 60 · IS.^BELLE, VALÈRE · texte numérisé non relu

IS.^BELLE, VALÈRE

VALÊRE.

Enfin, nous voilà seuls, et dans cette occurrence Je vous puis, sans témoins, répéter l'assurance Que vos yeux...

ISABELLE

C'est pour eux sujet de vanité D'avoir séduit un cœur de votre qualité ; Mais s'il vous faut ici dire ce que je pense, Seigneur, c'est temps perdu de vous mettre en dépense Pour un cœur qui ne doit, quoi qu'il puisse advenir,

Ni répondre à vos feux, ni vous appartenir.

VALÈRE

O rigueur qui m'étonne et qui me désespère ! N'ai-je donc pas l'aveu du seigneur votre père? *

ISABELLE

Ah ! Pandolphe n'est pas tel que vous le pensez !

VALÈRE

Je le connais fort peu, mais tout ce que j'en sais...

ISABELLE

Seigneur, je ne saurais en dire davantage ; Mais tenez pour certain que si je ne partage L'espoir, flatteur pour moi, qui vous conduit ici, J'ai de bonnes raisons pour en agir ainsi.

Ah ! je devine trop vos motifs, inhumaine !

ISABELLE

Seigneur, â la raison souffrez qu'on vous ramène.

VALÈRE

La raison, juste ciel ! ne la perdis-je pas

Le jour où le hasard m'a conduit sur vos pas?

Faut-il un si longtemps pour qu'un cœur sans défense.

ISABELLE

Seigneur, cessez de grâce un discours qui m'offense.

VALÈRE

C'est donc un dessein pris de me désespérer ! Mais d'un pareil tourment je puis me délivrer;

Kt s'il en est ainsi que de mon infortune, Trop cruelle beauté, l'aspect vous importune,

(11 se jette à genoux, et tire son épée.)

Ici même, à vos pieds, je veux par mon trépas.

ISABELLE, effrayée.

Que faites-vous ?

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