ANNIBAL, NICOMEDE
NICOMEBE.
Je vous cherchais. L'augure vénérable Déclare que le ciel, à vos vœux favorable, De l'Italie encor vous ouvre les chemins, Annibal.
ANKIBAL.
Je vais donc attaquer les Romains !
Le lion de l'Afrique a recouvré sa proie !
Vous me rendez l'espoir, prince. Avec quelle joie Je vais enfin revoir ce pays que je hais !
Et dont je m'éloignai si triste, que jamais Nul mortd, exilé d'une terre chérie.
Avec tant de regrets ne quitta sa patrie.
Cher pritice, c'est à vous que je dois ces destins.
inCOMEDE.
Puissé-je en Thessalie assurer vos desseins ! Mais pour vous y servir, parlez, que dois- je faire? Guidez-moi; c'est un fils qui consulte son père. Souffrez que Nicomede ose ainsi vous nommer.
a8 ANNIBAL.
AiririBAL.
Et qui peut vous connaître et ne pas vous aimer, Mon fils? d'un nom si cher tout veut que je vous nomme. Votre amitié pour moi , votre haine pour Rome. Sachez en Thessalie étudier les lieux; Le coup d'œil militaire est un présent des cieux : Vous l'avez. Bois, ruisseau, défilé, précipice, Connaissons tout : d'un sol aux ruses si propice Je fais naître à mon gré tous les événements ; Mon œil de l'ennemi prévoit les mouvements; Il semble pas à pas suivre ce que j'ordonne.
J'occupe un poste heureux, soudain je l'abandonne; C'est un piège apparent, il sait s'y dérober; Demain c'est un vrai piège, il y viendra tomber. Feignez surtout, feignez l'imprudence de l'âge; Pour vaincre l'ennemi, la ruse...
lï^IGOMEBE.
Ah! le courage...
ANNIBAL
Est tout pour le soldat , rien pour un général ;
Vaincre est le but : il doit, actif, constant, frugal,
Joindre l'art à l'audace , et l'étude au génie ;
Peut sans doute aux guerriers pour l'armée ennemie
Inspirer le mépris, mais non le partager;
Ne dort, que si le camp peut dormir sans danger.
NICOIVIEDE.
Que ne vous dois-je pas? Vos conseils, je l'espère. Votre exemple...
ANUIBAL.
Imitez l'exemple de mon père;