‹ Poésies de Firmin DidotChapitre 55 sur 149 · PRUSIAS, ANNIBAL · texte numérisé non relu

PRUSIAS, ANNIBAL

AKKIBAL.

Ainsi, d'un grand dessein prompt à se repentir, Prusias de sa cour m'ordonne de sortir ; A d'indignes terreurs il se laisse surprendre ; ' Et, dès que d'un Romain la voix se fait entendre. Il ordonne , perdant ses amis les plus chers , Pour Annibal l'exil , pour le prince des fers.

Moi, vous bannir! votre ame en vain s'est alarmée.

78 ANNIBAL

AKNIBAL.

S'allier avec Rome est me bannir.

PRUSIAS

L'armée Et mon fils menaçaient, méprisapt mon pouvoir...

ANNIBAL

Non pas vous, mais un traître ! Eh! peuvent-ils donc voir Prusias préférer, par un destin étrange, Un Romain qui l'opprime à son fils qui le venge ? J'oublie, en vous parlant, de donner à ma voix Le ton des courtisans qui parlent à des rois; Des camps où j'ai vécu j'ai pris l'accent sévère; Mais, seigneur, des bienfaits d'un roi que je révère Je sens le prix; mon cœur ne peut les oublier; Je souffrirais surtout de voir humilier Un guerrier généreux, dont l'ame peu commune D'Annibal exilé releva la fortune.

PRUSIAS

Vivez toujours l'honneur, l'orgueil de mes états;

Et d'un esprit tranquille écoutez Prusias.

Je respecte un destin aussi grand que le vôtre ,

Et vous fais un aveu qu'un monarque à tout autre

Sous des raisons d'état aurait su déguiser.

Oui , devant Annibal un roi vient s'accuser.

ANJVIBAL. .

S'accuser! Non, seigneur; Rome seule est coupable; Rome qui veut toujours, perfide, insatiable, Sous des prétextes vains tyranniser les rois. Et jusqu'en leur palais leur imposer des lois.

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