‹ Poésies de Firmin DidotChapitre 59 sur 149 · ACTE V, SCÈNE V · texte numérisé non relu

ACTE V, SCÈNE V

Non : il faut qu'aujourd'hui mon destin s'accomplisse. Un chemin m'est ouvert, sauvons le prince... O dieux! Au moindre avis, le prince, immole sous mes yeux... Irai-je donc, pour prix d'une amitié fidèle.

Marquer cette victime à la main paternelle ?

Qui me retient? C'est l'âge; il vient, glaçant nos cœurs, Sous le nom de prudence excuser nos lenteurs. Quoi! lorsqu'il faut agir, c'est moi qui délibère! Sors des camps, Annibal, et renonce à la guerre. Fabius, Scipion, reposent au tombeau; Et toi, tu veux, des ans oubliant le fardeau. Fonder sur un plan vaste une longue espérance. Ton frère est mort. Du jour où Néron, sur sa lance , Fit jeter dans ton camp la tête d'Asdrubal, Tu l'as dit : ce Plus d'espoir. » Annibal , Annibal ! Tu ne reverras plus la terre d'Italie.

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