‹ Poésies de Firmin DidotChapitre 9 sur 149 · ACTE I, SCÈNE III · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE III

Mon fils pourrait alors, vainqueur en Thessalie, Prêt à me secourir, menacer l'Italie.

NICOMEDE

Les Romains fléchiront pressés de toutes parts : Il faut que dans trois mois , réduite à ses remparts , Rome, autour d'elle en vain rappelant ses cohortes, Entende encor crier : Annibal est aux portes !

Ces rois s'unir à vous ! Non : Rome va les voir, Pour conserver encore une ombre de pouvoir, Lui livrant tout, vaisseaux, armes, places, richesses, Obéir à la peur, et lutter de bassesses.

NIGOMEDE.

Chacun d'eux, mieux instruit, préfère les combats; La peur, sans les sauver, avilit les états.

A.RBATE.

Aux périls renaissants d'une guerre lointaine ïje trésor épuisé ne suffira qu'à peine ; Vos soldats, fatigués de pénibles travaux.

De ce chef étranger quitteront les drapeaux.

IfIGOMEBE.

Eh quoi ! Vit-on jamais au sein de son armée,

Sur un sol ennemi quelquefois affamée,

Eclater le murmure ou les séditions;?

Ses soldats appelés de tant de nations.

Tous différents de mœurs, de culte, de langage.

Nés dans l'Afrique, en Grèce, en Sicile, à Carthage,

Dans la Gaule, en Espagne, avec un zèle égal.

ao ANNIBAL.

S'accordaient tous entre eux pour servir Annibal : Et y rentré dans ses murs, quand les juges avides Opprimaient son pays sous le poids des subsides, N'a-t-il pas su lui seul, sévère magistrat, Rendre au peuple ses droits, son trésor à l'état? Le nôtre, grâce à lui, s'est accru par la guerre.

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